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Idées reçues et vrais problèmes du SACD
Afin de bien comprendre ce point de vue, nous vous invitons à lire notre introduction: Le SACD en quelques idées simples
Trois ans découtes des SACD, depuis les débuts de laventure de ce nouveau format, mont convaincus dune chose: en augmentant la finesse et la complexité de la technologie, on risque de voir la perception du message artistique parasitée par la non résolution, ou la mauvaise appréhension de problèmes techniques. Ainsi quatre nouveautés essentielles de lautomne 2003, le récital Salieri de Cecilia Bartoli, la 9e Symphonie de Bruckner par Harnoncourt, le SACD Festa de van Nevel et les Cantates de Noël de Bach par Herreweghe, ont été trahies en SACD multicanal.
En effet, sagissant du SACD multicanal, si une spatialisation subtilement gérée augmente lagrément de laudition, une telle technologie amène également les ingénieurs du son à prendre le pas sur les interprètes. Et certains pataugent complètement dans la mise à profit de ces canaux supplémentaires.
Premier risque majeur: la surcharge des sources arrières, qui plonge lauditeur dans un bain sonore et fait perdre toute rationalité au message musical - par exemple quand un piano est écartelé entre lavant gauche et larrière droit! Second risque, la sollicitation excessive du canal central (celui qui véhicule les dialogues dans les films) peut perturber gravement la cohérence de limage stéréophonique frontale.
Dans nos critiques notre attention sera portée sur ces paramètres et sur lidée de cohérence entre le message artistique et lespace sonore créé. A cela sajoutent la finesse des timbres et la clarté de la spatialisation. Comme vous le constatez, laffaire nest pas simple.
A tout cela sajoute, notamment depuis lautomne 2003, le succès venant - et les rééditions aussi ! - un problème fondamental dans lidentification et la labellisation des sources à lorigine des SACD. Devenant le «disque multicanal», le SACD est en train de devenir le support de tout et nimporte quoi. On oublie un peu que le SACD est avant tout le support dune nouvelle technologie denregistrement, le DSD (pour Direct Stream Digital), qui permet de définir un son à laide de quatre fois plus de données que sur le CD normal.
Parmi les rééditions qui commencent à fleurir on trouve quelques véritables horreurs qui en un rien de temps risquent de jeter un discrédit sur la technologie tout entière. Quand une captation a été effectuée en 16 bits/44.1 kHz (la norme CD), le report sur SACD ne peut pas rajouter les informations manquantes et on ne saurait confondre un certain nombre de parutions avec le vrai travail, réalisé par les pionniers de la technologie tels Telarc, Channel ou Bis. Lindustrie se doit de trouver au plus vite une labellisation qui réserve notamment le logo DSD aux enregistrements vraiment réalisés avec ce procédé.
Christophe Huss