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Les meilleurs SACD classiques
Comme vous pourrez le lire dans le texte «Idées reçues et vrais problèmes du SACD», la complexité croissante de la technologie, notamment en multicanal, entraîne la prise de pouvoir des ingénieurs du son sur les interprètes.
On savait déjà que tout ce qui est «DDD» nest pas forcément bon: la qualité de la prise de son importe davantage que la technologie utilisée. On sait à présent à quel point cette logique est encore plus dactualité en SACD.
Comme prévu, lautomne 2003 a vu le nombre de parutions se multiplier sous la forme de disques «hybrides» comportant deux couches: lune lisible en qualité CD par un lecteur CD, lautre avec une qualité améliorée sur les appareils SACD.
Alors, si vous avez acquis pour les fêtes un matériel adéquat, quels disques choisir ? La chose nest pas si simple, puisque la spatialisation du son comporte de gros risques, notamment une spectacularisation outrancière.
Voici nos parutions préférées (sur le plan artistique et technique) de lautomne. Chez Deutsche Grammophon, le disque des Concertos pour violon de Bach par Hilary Hahn (DG 474 639-2) lemporte de très loin, avec la 2e Symphonie de Mahler par Gilbert Kaplan, enregistrée au Musikverein de Vienne (DG 474 594-2). Le label Telarc, pionnier du procédé, a publié deux merveilles: des extraits de Roméo et Juliette de Prokofiev par Paavo Järvi (SACD 60597) et un très spectaculaire SACD de musiques de films, «Epics», par les Cincinnati Pops (SACD 60600). Chez Coro un captivant SACD «Spem in alium» ainsi nommé daprès le motet à 40 voix de Thomas Tallis, présente la fameuse partition avec un vrai parti pris de spatialisation, mais sait revenir à une optique sonore réaliste dans le reste du programme (CORSACD 16016). Les labels Chandos, PentaTone et Praga ont été assez peu inspirés cet automne, de même quHyperion, qui charge trop les canaux arrière et a ainsi manqué la version SACD des Suites anglaises de Bach dAngela Hewitt et du dernier disque de Marc-André Hamelin (concertos de Chostakovitch et Chédrine). Par contre, Channel Classics a réussi son SACD de lOratorio de Noël de Bach, un support parfait pour une interprétation un peu froide, hélas (2 SACD CCS SA 20103).
Reste évidemment le nouveau venu, Harmonia Mundi qui a choisi de conquérir le marché par un débarquement massif et indistinct, mêlant rééditions et nouveautés. Heureusement un certain nombre de parutions artistiquement marquantes sont techniquement réussies. En premier lieu lopéra Griselda dAlessandro Scarlatti par René Jacobs, lun des événements de lautomne (3 SACD HMC 801 805.07). Ensuite le CD mozartien «Night Music», interprété par Andrew Manze(HMU 807 280) et une réédition 2002, «Missa Mexicana» par le Harp Consort (HMU 807 293). Attention: les deux coffrets duvres sacrées de Bach (Messe en si et Cantates de Noël) sont une infernale bouillie sonore, de même que le nouveau disque de Paul van Nevel, «La Spagna».
La technique est plus avancée que le bon goût !
Christophe Huss
Les Réussites 2003/2004:
Bach: Oratorio de Noël, van Veldhoven (Channel)
Mahler: Symphonie n°2, Kaplan (DG)
Mozart: Concerto pour clarinette, Fröst (BIS)
Mozart: «Night Music», Manze (HM)
Prokofiev: Roméo et Juliette (suites), P. Järvi (Telarc)
Ravel: «Petite Symphonie à cordes» (+ Chostakovitch), C. Gould (Linn)
Scarlatti: Griselda. Jacobs (HM)
Anna Netrebko: Opera Arias, Noseda (DG )
«Epic», Musiques de film, Kunzel (Telarc)
«Missa Mexicana», Laurence-King (HM)
Spem in allium. Tallis Scholars (Coro)
Voici également les titres du fonds de catalogue en SACD multicanal que vous pouvez acquérir sans crainte de vous tromper:
Adams: Chairman Danses (+ Sumera). K. Järvi (CCNC)
Beethoven: Symphonies n°5 et 7. Kleiber (DG réédition)
Beethoven: Symphonie n°9. Karajan 1977 (DG réédition)
Biber: Missa salisburgensis. McCreech (Archiv)
Britten: Suites pour violoncelle. Wispelwey (Channel Classics)
Gluck: Airs italiens. Bartoli (Decca)
Grieg: Concerto pour piano. En Automne. Symphonie en ut. Ogawa-Ruud (BIS)
Haendel: Water Music, Fireworks Music. Pearlman (Telarc)
Holst: Les Planètes (+ Britten). Bernstein (Sony)
Mendelssohn: Quintettes. Quatuor Mendelssohn (Bis)
Poulenc: Concerto pour orgue et timbales. Weir-Hill (Linn)
Prokofiev: Alexandre Nevski. Schippers (Sony)
Sibelius: Symphonie n°2 (+ TUBIN). P. Järvi (Telarc)
Juan Diego Florez (ténor): «Una furtiva largima», airs de Bellini et Donizetti (Decca)
Michael Murray (orgue). Musique dorgue française (Telarc)
Peter Wispelwey (violoncelle). Sonates de Brahms et Franck (Channel Classics)
The Gents (ensemble vocal) (Channel Classics)
Concert du nouvel an 2002. Ozawa (Philips)
Love & Lament. Oeuvres de Monteverdi, Della Ciaia et Carissimi. Van Veldhoven (Channel Classics)