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SERGEÏ PROKOFIEV
Concerto pour violon n° 2; Cinq Mélodies pour violon et cordes (arr. Swensen); Symphonie n° 1 "Classique"

Joseph Swensen (violon)

Orchestre de chambre d'Écosse

Joseph Swensen

Linn- CKD 219(SACD)
Référence: aucune dans ce couplage

rating

On se prend à rêver: 54'10. Avec un tel minutage il y avait encore de la place pour le 1er Concerto. Imaginez le résultat: les deux concertos de Prokofiev, la Symphonie classique et une oeuvre originale, le tout dans un SACD multicanal au goût parfait avec une interprétation magistrale, cela faisait un disque absolument incontournable. Mais pour toute autre considération, je vais me répéter encore et encore: Joseph Swensen, à en juger par les disques Sibelius, Mendelssohn, Brahms et Prokofiev est l'un des artistes les plus intéressants de la scène musicale actuelle. Quel musicien fin, intelligent, pragmatique, qui creuse les partitions et va au bout de ses idées avec un sens permanent de la remise en cause des traditions et de la routine.

Nous avions repéré Swensen en tant que violoniste chez RCA dans le Concerto de Beethoven avec Previn, et le Concerto de Sibelius avec Saraste. Nous l'avons découvert chef dans les Concertos de Bruch et Mendelssohn chez Telarc, avec, en soliste, Robert McDuffie. Il s'agissait alors de l'un des deux ou trois meilleurs accompagnements au disque du fameux Concerto n° 2 de Mendelssohn (disons que Szell est le second et que je laisse la place pour un troisième dont je n'ai peut être pas noté la pertinence). Tous les SACD chez Linn ont confirmé cette "relecture" intelligente des textes musicaux. Swensen scrute les partitions dans le moindre détail, non pour faire le malin en mettant en exergue des insignifiances, mais pour proposer de nouvelles perspectives. Il suffit d'écouter son accompagnement du Concerto pour violon de Brahms pour s'apercevoir qu'il y a toujours des choses à révéler en musique.

Ici on écoutera comment on peut tenir un mouvement lent (2e volet du 2e Concerto) sans jamais tomber dans la mièvrerie ou la larmoyance; à quel point il est intéressant de creuser l'apport des percussions et contrebasses et enrichir la musique en élargissant le spectre; comment on peut faire concorder nuances piano et fermeté. Tout cela me semble tenir à une idée fondamentale: en musique rien n'est anecdotique. Si tel trait, telle nuance, tel instrument est là c'est pour qu'on l'entendre, ou, au minimum, qu'on le perçoive.

Swensen n'est pas un musicien qui mise sur la tension et la nervosité des tempos. Il est un "scrutateur sonore". De ce point de vue là sa Symphonie classique se situe à l'opposé de celles d'Ancerl et Svetlanov. Toute l'astuce et l'intérêt de la démarche, c'est qu'on entend plein de choses (superbe 2e mouvement) alors que la battue n'est jamais molle (tempo du Finale et travail sur les timbales) et le propos jamais nombriliste ou démonstratif, comme chez Celibidache. Cette recette appliquée au 2e Concerto marche à merveille: l'orchestre ne disparaît pas quand le soliste joue; le volet central est bouleversant, avec des attaques en pianissimo sublimes et jamais affectées. En prime, on découvrira un nouveau talent de Joseph Swensen; celui d'orchestrateur très habile dans les 5 Mélodies dont il souligne une filiation debussyste. La dernière mélodie, notamment, est superbe.

Un disque merveilleux d'un musicien hédoniste.

--Christophe Huss

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