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JOHANN SEBASTIAN BACH
Concertos pour clavier (I): Concertos n°1 et 7 (BWV 1052 et 1058); Concerto brandebourgeois n° 5; Triple Concerto BWV 1044

Angela Hewitt (piano)

Orchestre de chambre d'Australie

Richard Tognetti

Hyperion- CDA 67307(CD)
Référence: celui-ci (version piano)

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L'œuvre pour clavier et "orchestre" de Bach attire moins les pianistes et les éditeurs que l'œuvre pour clavier seul. Les concertos n'ont donc pas connu beaucoup de gravures avec piano ces vingt dernières années, alors même que les versions avec clavecin se multipliaient. Si l'on met de côté une négligeable version avec l'Ensemble orchestral de Paris (EMI), les deux enregistrements éminents de cette musique dans cette configuration à "instruments modernes" sont Gavrilov-Marriner (EMI) et Schiff, à la tête de l'Orchestre de chambre d'Europe (Decca). Ils sont tous les deux littéralement enterrés par la nouvelle gravure Hewitt-Tognetti.

Il ne faudrait pas croire que le CD est une simple formalité contractuelle. Après l'œuvre pour clavier seul, il était logique qu'Angela Hewitt s'adonne à ces compositions. Mais elle ne le fait pas en passage obligé avec n'importe qui, mais par goût, avec science et dans l'esprit d'une vraie complicité avec les musiciens australiens. Le premier volume nous donne le premier et le dernier des concertos pour clavier seul, accompagnés par deux oeuvres qui auraient pu être ronflantes et s'avèrent fascinantes dans cette interprétation: le 5e Brandebourgeois et le Triple concerto.

Cette vision rend heureux l'auditeur, car elle s'épanouit perpétuellement. C'est vrai dès le Concerto BWV 1052: là où Schiff était juste mais rigide, Hewitt semble sourire en jouant. Il y a dans le Finale du 5e Brandebourgeois cette qualité de partage que l'on retrouve dans le Triple Concerto, cet équilibre clavier-flûte-violon jamais entendu auparavant avec un piano. Il y a, en plus, dans le Triple Concerto une vraie gravité, un vrai poids du mode mineur, qui apporte une densification du propos, sans la moindre lourdeur. Écoutez le 2e mouvement: un rêve!

N'ayez pas peur non plus d'entendre ici d'effectifs pléthoriques: on n'est pas là dans le registre "piano contre orchestre" mais dans celui de la musique de chambre élargie (18 instrumentistes). Si nous avons choisi de vous présenter cette merveille en CD, c'est que le SACD multicanal, exactement comme celui des Concertos de Rachmaninov par Stephen Hough, autre nouveauté importante d'Hyperion en 2004/05, est complètement raté. Le piano est nettement localisé à l'avant, mais l'orchestre s'inscrit dans une sorte de "stéréophonie multiple" impliquant l'avant et l'arrière. Il y a ainsi presque autant de violons à l'avant-gauche qu'à l'arrière-gauche. Le son, très perturbant dans 95% des endroits du local d'écoute, devient presque intéressant quand on est placé vraiment au centre, où le piano s'inscrit dans une sorte de "carré sonore virtuel", qui rappelle un peu les expérimentations d'Andreas Spreer chez Tacet.

Même si vous achetez le SACD, écoutez la stéréo pour percevoir tout l'équilibre de cette rare merveille, qui témoigne d'un moment de grâce musicale véritable.

--Christophe Huss

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