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BENJAMIN BRITTEN
Variations sur un thème de Frank Bridge
KARL AMADEUS HARTMANN
Concerto funèbre
BÉLA BARTÓK
Divertimento pour cordes


Orchestre de chambre des Pays-Bas

Gordan Nikolic

PentaTone- PTC 5186 056(SACD)
Référence: aucune dans ce couplage

rating

La recherche de sang neuf au niveau de l'interprétation afin d'alimenter les catalogues SACD nous a valu, notamment, trois grandes joies: Telarc confiant à Jacques Zoon les Concertos pour flûte de Mozart; Linn enregistrant Joseph Swensen et, à présent, PentaTone donnant le rôle de chef au bouillonnant Gordan Nikolic, trop à l'étroit dans son costume de 1er violon solo du LSO.

Ce ne sont pas les premiers enregistrements de Nikolic (ou Nikolitch en transcription phonétique): BNL, notamment, lui avait ouvert les micros pour une intégrale des Sonates et Partitas de Bach et plusieurs disques Mozart. Il faut avoir vu Nikolic emmener l'Orchestre symphonique de Londres de sa chaise. Ce musicien est hors normes, un artiste de feu et de sang. Il était plus qu'évident qu'un grand chef en puissance germait là. Ce disque le matérialise avec force et on ne peut que reconnaître que l'Orchestre de chambre des Pays-Bas a eu le nez creux d'anticiper cela en nommant Nikolic à sa tête en 2004. Chose heureuse: Gordan Nikolic (on l'avait perçu dans les disques BNL-Syrius) n'est pas de ceux qui se laissent intimider par les micros. Son art au disque est celui de la vie. Il la croque musicalement à pleines dents.

Un petit intermède technique: PentaTone n'a pas changé sa philosophie sonore spectaculaire et je ne suis pas devenu un adepte, mais la force du message artistique est telle ici que je ne veux pas priver un tel disque du 10/10 simplement parce que j'aimerais une utilisation plus sobre des canaux arrières. D'ailleurs le son est spectaculaire, certes, mais pas irréaliste.

Le programme est parfaitement conçu autour de l'expression musicale des tensions et angoisses nées avant la Seconde Guerre Mondiale, à travers trois œuvres inspirées à trois compositeurs de pays différents entre 1937 et 1939. On débute avec Britten et des Variations sur un thème de Frank Bridge, qui deviennent une véritable fournaise musicale, avec ce qu'il faut de sarcasmes, d'explosions, et, à la fin, de tension. Le soutien des notes, la texture de l'orchestre, sont sans réelle commune mesure avec ce que j'ai pu entendre précédemment ici (comparer cela avec Bedford est très cruel pour ce dernier).

Le Concerto funèbre de Hartmann, immense monolithe tragique confirme que l'on est là dans le registre de l'exception. Nikolic ne "joue pas au soliste"; il émerge de l'orchestre et exprime son abandon, son désespoir. Jamais la ressemblance avec le 15e Quatuor de Chostakovitch a été si intense au début de l'Adagio. Nikolic surpasse ici même Erxleben, plus clair, plus étale. Cette incarnation se manifeste par un Adagio plus allant: non, tout n'est pas perdu! Quant à la hargne de l'Allegro di molto, elle n'est même pas ébauchée par l'orchestre de Weigle (version Erxleben), face au furieux expressionnisme de Nikolic, qui choisit d'ailleurs un abord plus fluide qu'hymnique du choral final: la démarche volontariste, l'espoir d'échapper au pire domine ici. Sur ce mouvement, je suis plus touché par la péroraison quasi désespérée d'Erxleben.

Comme l'Allegro di Molto de Hartmann, le Divertimento de Bartok pâtit quelque peu de l'acoustique de petite église choisie par PentaTone. J'aimerais vraiment qu'une fois de temps en temps, Pentatone oeuvre dans la finesse la précision, la transparence et la discrétion plutôt que dans l'effet de masse et le son global. Comme dit précédemment, nous avons voulu marquer le coup artistiquement, mais souhaitons que notre appel à un peu plus de finesse et de distinction sonore soit entendu. le travail millimétré de Nikolic ne gagne rien à être capté dans une église qui, que ce soit en stéréo ou en multicanal, mélange les sons en une masse globale colorée. Interprétativement, Nikolic est très proche de Harnoncourt, avec un discours très dramatique, très "arraché", avec un travail évident sur l'impact et la massivité du corpus sonore des cordes. Les rythmes sont bien décantés, la noirceur de l'œuvre évidente, l'émergence des voix solistes idéale, les attaques des violons dans l'adagio tranchantes comme des lames de rasoir. Bref c'est du grand art, dans la lignée des interprétations précédentes de ce disque coup de poing.

--Christophe Huss

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