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GÜNTER WAND EDITION (I)
ANTON BRUCKNER
Symphonies n° 5; 6; 8 & 9
FRANZ SCHUBERT
Symphonie n° 8 "Inachevée"
JOSEPH HAYDN
Symphonie n° 76


Orchestre symphonique du NDR de Hambourg (concerts à Lübeck en 1996, 1998, 2000, 2001)

Günter Wand

TDK- DV-COWANDBOX1(DVD)
Référence: ces DVD-ci

rating

Bruckner-Wand, 10/10? Mais c'est normal! Non, rien n'est moins normal. Voir une légende, cela peut engendrer de la frustration, la rendre à la normalité. Cela peut aussi, parfois, permettre de comprendre, de rendre les choses tangibles. Ces quatre DVD n'éclairent pas tous de la même manière cet acte de la musique en re-création qu'est le concert. Mais il suffit d'une étincelle, et celle-ci est allumée très vite par Hugo Käch le réalisateur de la 5e Symphonie.

Monsieur Käch à tout compris et il saisit le spectateur en un instant. Après les pizzicatos d'ouverture, il fixe Günter Wand en gros plan. Hugo Käch a remarqué que Günter Wand dirigeait avec les yeux. Et on voit son entrée donnée aux cuivres avec fermeté et douceur. Jamais un pupitre de cuivres un tant soit peu peu intelligent ne fera une attaque dure ou un son vulgaire sur ce geste-là. Par opposition, la 8e Symphonie a été confié à Barrie Gavin, celui qui a massacré l'intégrale vidéo des Symphonies de Beethoven par Michael Gielen et à qui un décideur a eu l'idée saugrenue de confier un important concert de Günter Wand: la 8e de Bruckner en 2000.

Monsieur Gavin confirme ainsi sur le dos de Wand, de la musique et des spectateurs qu'il est l'une des pires calamités qui ont pu sévir dans ce métier. Pourquoi filme-t-il des concerts (en montant des faces de musiciens et des gros plans imbéciles sur les instruments), alors qu'il ne comprend rien à rien à la clé d'un concert, l'interaction entre geste et musique? À la fin de la 8e Symphonie, il se passe quelque chose d'hors du commun: un silence, long. C'est le moment choisi par M. Gavin pour se surpasser: au lieu de montrer Wand, épuisé ou radieux (il doit quand même y avoir quelque chose dans ses yeux, bon sang) il nous balance un plan large de la scène vue du fond de la salle. Je ne proférerai pas l'insulte qui me vient aux lèvres!

Oublions M. Gavin et parlons de musique filmée. Pas de chichi ici. D'abord quatre bonnes bandes stéréo. Quand on voit ce qu'il advient de la spatialisation artificielle ces temps-ci, souvent confiée à des "Gavin du son", il vaut mieux rester dans le domaine d'une stéréo propre. L'image, et ça, pour le coup c'est curieux, est 16/9 en 1996 et 2000 (6e et 8e) et 4/3 en 1998 et 2001 (5e et 9e). Elle est toujours belle, équilibrée, bien définie et éclairée. Bref, même si on regrette que deux documents soient en 4/3, ce sont, visuellement, de beaux DVD et le son rend justice au travail musical de Wand. Il est même souvent plus "palpable" qu'en CD (cf. la 5e), phénomène qui rappelle la différence entre les Mahler de Bernstein en vidéo à Vienne et ses CD.

La période 1996-2001 montre que Günter Wand, en dépit de la légère attaque de paralysie qui l'a ultimement handicapé, garde une emprise musicale totale et une lucidité exceptionnelle. Il est transfiguré sur scène, comme en transe. Le voir, quasiment "porté" à la fin du concert de la 8e pour recevoir les ovations de la foule, montre quelle est l'intensité de ce phénomène que Carlo Maria Giulini nous disait avoir également connu.

Les concerts sont sublimes: travaillés dans le moindre détail par de nombreuses répétitions. Même des interprétations sur lesquelles on pouvait tiquer en audio (les dernières 5e ou 6e) apparaissent évidentes et lumineuses. Le Finale de la 8e aussi est plus éloquent qu'à Berlin, avec des clarinettes magistrales et une coda irradiante. La 5e est un monument, tout autant que l'Inachevée, dans laquelle est vraiment palpable ici le rôle, puissant chez Wand, des contrebasses dans le 1er mouvement.

Il était fondamental de parvenir à éditer ces archives, car elles font partie de l'histoire de l'interprétation, comme si on disposait d'une vidéo de Furtwängler dirigeant l'Héroïque ou la 5e de Beethoven. C'est avec émotion et gratitude qu'on en remercie TDK!

--Christophe Huss

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