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WOLFGANG AMADEUS MOZART
Symphonies n° 35 "Haffner" et 36 "Linz"


Prague Philharmonia

Jiri Belohlávek

Harmonia Mundi- HMC 901 891(CD)
Référence: Wand (Testament)

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Qu'elle semble lointaine, l'époque à laquelle Jiri Belohlávek enchaînait pour Chandos et Supraphon des disques plus insignifiants et ennuyeux les uns que les autres. La (re)naissance dont témoigne ce programme Mozart est sans doute la conjonction de deux paramètres: une prise de conscience de "l'importance de la chose enregistrée" et un partenariat musical fructueux avec le Philharmonia de Prague, orchestre de taille réduite et de grand talent. Cette entente exceptionnelle a déjà été documentée au plus haut niveau par des labels tchèques assez confidentiels, à travers, notamment, une intégrale des Concertos de Beethoven avec Jan Simon et les Danses slaves de Dvorak. Ce disque Mozart est pour l'heure la quintessence du travail réalisé par Belohlavek avec cet orchestre. Espérons simplement qu'il ne soit pas trop tard et que ce disque puisse avoir l'écho et le succès qu'il mérite en dépit de l'image sans doute très ternie du chef auprès des discophiles.

Ce que ce Mozart n'a assurément pas c'est le charme sonore, cette onctuosité viennoise, cette rondeur confortable d'Amsterdam ou cette chaleur berlinoise. Si vous recherchez un "Mozart coin du feu", mieux vaut aller voir ailleurs. Cette simplicité sereine du son est d'ailleurs parfaitement relayée par une prise de son très objective, froide presque, mais très juste dans ses proportions (enfin un ensemble de quarante personnes qu'on ne cherche pas à faire sonner comme un orchestre symphonique) et sa spatialisation. Le Rudolfinum donne à l'ensemble un cadre judicieusement réverbérant.

Avec une grande acuité (et la clarté inhérente à la démarche), Belohlavek utilise l'effectif réduit pour véritablement sculpter Mozart dans les phrases et dans la polyphonie. Il y a ici une approche translucide de la polyphonie, qui n'est pas sans rappeler l'art de Rudolf Kempe. Le chef tchèque et ses instrumentistes résolvent avec justesse deux autres paramètres: le dosage du vibrato (très parcimonieux) et l'amplitude de "forte" en rien tonitruants. Ce n'est jamais (même dans le Finale de la Haffner) une démonstration orchestrale (l'anti-Karajan donc) et aucun accent n'est brutal. Ce n'est jamais non plus un postulat sonore (l'anti-Harnoncourt aussi).

Ce qui compte aux yeux de Belohlavek c'est une sorte d'équilibre sculptural, ce que visait Krips à Amsterdam, mais réalisé ici avec plus de légèreté, de finesse et d'entrain. Dans ce cadre, le chef tchèque modèle les phrases, dose les équilibres avec un charme fou (cf. les trios de Menuets). Que Mozart est complexe et beau quand chaque trait est exécuté avec une précision d'horloger (quel travail sur les violons!), quand rien n'est passé sous silence! Le plaisir que l'on ressent à l'écoute de ce disque majeur est sans doute plus intellectuel que sensuel, mais la minutie et l'amour de la musique, la connaissance de l'idiome mozartien aussi, sont tels qu'on ne peut qu'acclamer la performance…

--Christophe Huss

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