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LUDWIG VAN BEETHOVEN
Concerto pour piano n° 4; Concerto op. 61a d'après le Concerto pour violon

Boris Berezovsky (piano)

Orchestre de chambre de Suède

Thomas Dausgaard

Simax- PSC 1280(CD)
Référence: aucune dans ce couplage

rating

Après plusieurs saisons sans parution majeure, le label norvégien Simax enchaîne les réussites. Non content de publier un mémorable album hommage à la musique norvégienne, l'un de nos disques du mois de septembre 2005, Simax a réalisé là de très loin le meilleur volet de son intégrale Beethoven placée sous la houlette de Thomas Dausgaard.

Nous en sommes ici au volume 7, déjà; un volume en état de grâce. Au passage on remarquera que la réussite est largement attribuable à la prestation exceptionnelle de Boris Berezovski, dont c'est là, après les Préludes de Rachmaninov chez Mirare et le Trio de Tchaïkovski en vidéo chez Naïve, le troisième tour de force en quelques mois. Même s'il y a évidemment d'autres grandes versions du 4e Concerto (de Uchida Sanderling à Immerseel-Weil; en passant par Backhaus-Scmidt-Isserstedt et Kovacevich-Davis); Berezovski et Dausgaard se rangent dans le haut du panier. On apprécie ici d'abord l'approche très droite et saine, qui joue beaucoup plus sur des nuances infinitésimales que sur un rubato malvenu. Le phrasé du 2e mouvement est juste comme très rarement (Immerseel-Weil sont, là, le modèle absolu), avec la sécheresse lapidaire de l'orchestre et un piano qui ne part pas dans d'ineptes rêveries. On notera à ce stade la qualité du réglage de l'instrument, sa beauté intrinsèque et la finesse avec laquelle Beresovski sculpte les nuances, finesse qui atteint son comble un début de la cadence du 1er mouvement. La direction de Dausgaard est d'une identique inspiration et finesse et la taille de son orchestre est parfaite. C'est un peu la version Simon-Belohlavek en mieux encore...

Mais si la traduction 4e Concerto est de très haut calibre (niveau Kovacevich-Davis, pas moins!), l'interprétation du Concerto op. 61a, d'après le Concerto pour violon, est carrément unique et balaie l'entière discographie. C'est une vision proche de la version violonistique de Mullova-Gardiner; très allante, jamais brahmsienne qui s'inscrit dans un univers "révolutionnaire" qui tient beaucoup de la Symphonie héroïque (op. 55). Toute l'interprétation est articulée autour de la phénoménale cadence du 1er mouvement, qui devient la clé et le point nodal de l'œuvre. La science des phrasés, la remise en cause de toute la pompe qui entoure cette partition habituellement (la messe est dite en 39' ici), la puissance retrouvée nous ouvrent d'autres perspectives sur l'Opus 61 et, contrairement à tant d'autres tentatives (pompeuses, justement), le piano s'inscrit parfaitement dans cet univers.

C'est là l'un des disques beethovéniens les plus radicaux de ces dernières années: personnel, partial, allant jusqu'au bout de ses idées et marqué par une musicalité transcendante. Stupéfiant!

--Christophe Huss

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