ClassicsTodayFrance.com - L'actualité CD, SACD & DVD classique
Search Reviews
Pourquoi Classicstoday-France
L'edito de Christophe Huss
Les nouvelles du disque
Nos annonceurs
Accueil


LUDWIG VAN BEETHOVEN
Sonates pour piano n° 12; 21 "Waldstein" et n° 32

Nicholas Angelich (piano)



Mirare- MIR 003(CD)
Référence: aucune dans ce couplage

rating

La saison 2005/06 semble placée sous le signe des nouveaux enregistrements des sonates de Beethoven: début des intégrales Oppitz chez Haenssler, Schiff chez ECM et Lewis chez Harmonia Mundi; suite de l'intégrale Brautigam chez Bis, disques de Paik chez Decca, Luganski chez Warner, Say chez Naïve et, au milieu, cette merveille, qui, je l'avoue, prend un certain temps à s'apprivoiser, mais procure à terme une félicité durable de l'esprit.

Dans ce disque intraitable, qui, d'une certaine manière, si l'on tient vraiment à schématiser, actualise une approche assez "richterienne" des sonates de Beethoven (rigueur, puissance, concentration sans concessions), il y a un moment où éclate d'évidence la portée de la vision et de la réflexion de Nicholas Angelich. Il s'agit des 2e et 3e mouvements de la Sonate Waldstein. Pour ces 15 minutes, seules, ce disque vaut le détour. Angelich installe une atmosphère en suspension, nébuleuse, dans l'Adagio molto, puis déploie en Rondo tout en quête de résonances, avançant par empilements sonores. Je n'avais eu ce type d'expérience qu'une fois auparavant, avec Alexei Lubimov et son pianoforte Broadwood (Erato).

La même concentration et inéluctabilité marque l'interprétation de la 12e Sonate, avec une marche funèbre (3e mouvement) prise comme une marche mahlérienne (5e Symphonie). Ce que Angelich réalise parfaitement partout dans ce disque, c'est que la musique surpasse le pianisme: on entend une marche funèbre au piano, pas quelque "bing bang" à caractère de gravité. Cette sensation domine dans l'Opus 111 (c'est flagrant dans le 1er volet, où se distinguent les pianistes et les musiciens): une des rares versions en plus de 30 minutes tenue d'un bout à l'autre.

En effet, Nicholas Angelich choisit d'aborder l'Arietta très lentement, mais il tient tout, sans fadeur ou "pseudo intériorité", sans enlisement non plus, dans une avancée implacable - sentiment indescriptible par les mots d'une lecture mûrie et savante de la partition. Et avec Angelich, les doigts suivent assurément la force de l'intellect! On remarquera à ce titre l'élégance et la justesse de la photo de couverture: ce Beethoven est marqué par l'intelligence et la force de la réflexion. On a connu plus vibrant et humain (Kovacevich), mais rarement plus dense.

--Christophe Huss

Les 10/10 du mois
NO Picture Un mois de nouveautés
Au crible aujourd'hui

Search Reviews
QUI SOMMES NOUS? | LE COIN MÉDIAS | NOTATION: MODE D’EMPLOI | POURQUOI CLASSICSTODAY FRANCE?

© 2005 Classicstoday-France.com.
Tout droits de reproduction pour tous pays réservés à Classicstoday-France.com.