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GUSTAV MAHLER
Symphonie n° 10 (version D. Cooke)


Orchestre symphonique du SWR de Baden-Baden et Fribourg

Michael Gielen

Hänssler Classic- CD 93.124(CD)
Référence: Sanderling (Berlin Classics)

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Michaël Gielen, infatigable défenseur de la musique de Schönberg, Berg et Webern, et des compositeurs de son temps, est aussi un mahlérien confirmé, comme l'atteste son intégrale Hänssler. Or, au même titre que Scherchen, qui lui aussi ne disposait pas toujours d'orchestres à la mesure de son génie, Gielen est souvent négligé dans les discographies mahlériennes. Dans son cas, c'est pure injustice car son approche fouillée, d'une grande rigueur et subtilité dans la mise en place, l'équilibre formel, les enchaînements dynamiques et les dosages sonores, est d'une évidence totale, soutenue par un orchestre tenu d'une main de fer.

Jouant la version de concert de Cooke, Gielen nous offre de l'ultime chef-d'œuvre de Mahler une interprétation implacable. L'intérêt de son interprétation est non seulement de nous proposer une immense leçon de direction d'orchestre, mais aussi de souligner la modernité prophétique du compositeur du Chant de la Terre, qui n'est pas seulement le musicien-poète du Wunderhorn, mais aussi le visionnaire radical des Symphonies n° 6, 7 et 9.

On admire chez Gielen la transparence du relief, la densité harmonique, l'originalité des frottements de timbres, en particulier sur les cuivres, et l'absence de tout sentimentalisme ou surcharge émotionnelle. D'un mouvement à l'autre, tout coule de source dans une gradation inéluctable, avec une cohérence absolue des tempos et des dynamiques (magnifiques diminuendi subito), des transitions d'une fluidité confondante, un entrelacs contrapuntique supérieurement élaboré et, plus admirable encore, de stupéfiants effets de "Klangfarbenmelodien" que souligne la très belle prise de son, aérée et puissante.

Sans jamais forcer le trait par des intentions psychologiques qu'on peut repérer dans la biographie de Mahler (angoisse et prémonition de la mort, solitude et sentiment d'abandon), Gielen se laisse simplement guider par la cohérence musicale de l'œuvre, prouvant ainsi, à l'encontre de certains mahlériens historiques réticents à l'orchestration "complétée" de cette partition, que cette Symphonie inachevée est bien du plus haut, du plus pur Mahler. Cela nous vaut des passages d'une limpidité magique, d'un enchantement céleste, dans le Purgatorio ou dans le Finale, par exemple dans la longue montée initiée par la flûte après les coups de massue de la grosse caisse et la lugubre procession des cuivres, sardoniques et fantomatiques à souhait.

Gielen obtient là des moments de suspension du temps absolument inouïs. Tout le dernier mouvement est d'ailleurs une apothéose géniale, avec des timbres burinés à l'extrême, des lignes et des plans d'une grande acuité polyphonique et une tension toujours à la limite de la dissonance sur les cuivres. Le résultat est bouleversant, déchirant dans les grands élans de désespoir. Gielen, qui avait déjà enregistré l'Adagio isolément, nous offre là une référence absolue que je place pour ma part avant Sanderling (Berlin Classics), Rattle/Berlin (EMI), Barshaï (Brillant Classics) et Chailly (Decca).

--Jean-Marie Brohm

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