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CHARLES KOECHLIN
Oeuvres vocales avec orchestre: Quatre Poèmes d'Edmond Haraucourt; Vers la plage lointaine op. 43; Poèmes d'automne; Deux Poèmes d'André Chénier op. 23 (extr. op. 23 n° 1: La jeune Tarentine; Trois Mélodies op. 17 (extr. Mélodies n° 2 et 3); Études antiques op. 46 n° 2 à 4; Six Mélodies sur des poésies d'Albert Samain op. 31 (extr.: n° 1: Le SOmmeil de Canope); Chant funèbre à la mémoire des jeunes femmes éfuntes op. 37; Chanson de Mélisande (Fauré; orch. Koechlin)

Juliane Banse (soprano)

SWR Vokalensemble; Orchestre symphonique du SWR de Stuttgart

Heinz Holliger

Hänssler Classic- 2 CD 93.159(CD)
Référence: première mondiale

rating

Quel incroyable album! Pensez-donc: à part l'orchestration de la Chanson de Mélisande de Fauré, il n'y a là que des premières mondiales au disque de Charles Koechlin (1867-1950). Et des premières mondiales qui ne sont en rien des fonds de tiroir de la musique française, mais des compositions majeures, un chaînon manquant absolument indispensable à qui s'intéresse au répertoire de la mélodie française et pas uniquement en raison de la configuration (la mélodie orchestrée).

Si, impatient, vous désirez aborder d'emblée un "essentiel", un des joyaux de ce CD, allez à la plage 4 du 1er CD: "Aux Temps des fées", la dernière des mélodies sur les Poèmes d'Edmond Haraucourt (Koechlin aime à puiser ses textes parmi les Parnassiens). On est là dans le nectar de la mélodie française, dont l'orchestre porte et épouse les sinuosités. Dans un autre courant esthétique, la plage 6 du CD 2, Le Sommeil de Canope op. 31 n° 1, autre temps fort de ce magique album, s'inscrit dans une veine orchestrale. C'est une sorte de poème symphonique avec voix, très debussyste.

Tout au long de ce périple, on pense évidemment à d'autres oeuvres vocales avec orchestre au Poème de l'Amour et de la mer de Chausson, mais aussi à des œuvres moins connues et moins développées qui prolongeront plus près de nous cette esthétique, comme Miroir de peine d'Hendrik Andriessen. Mais le langage de Koechlin est unique, avec, notamment, un travail très raffiné de l'orchestration.

La tension et la concentration de ce répertoire -jamais austère, abscons ou lassant- est un peu atténuée (quoique...) par quelques partitions purement orchestrales, insérées comme des "soupapes": Vers la plage lointaine op. 43 n°2 sur le CD 1 et trois Études antiques op. 46 sur le second. Ce deuxième disque, lui, se termine par une oeuvre "à part", le Chant funèbre pour double chœur, orgue et orchestre, sur les paroles du Requiem latin. Il débute par une longue introduction orchestrale entre chien et loup. Cette "sorte de Requiem" comme le disait lui même Koechlin, un "cri de pitié et de révole", apparaît comme une sorte de germe du Requiem d'Hindemith, et, par certains aspects, de l'état d'hébétude que l'on trouve à la fin du War Requiem de Britten. Koechlin n'en est pas à une vision près : écoutez ce parfum de Gurrelieder qui flotte dans Pleine Eau op. 7 n° 2 (pour cadrer la période, nous sommes ici exclusivement entre 1890 et 1910)!

Pour tout dire, je ne sais même pas par quel bout vous commenter cet album, tant il me laisse pantois -pantois, notamment, qu'une telle musique ne figure pas aux premières loges du patrimoine musical national et qu'il faille s'en remettre à une chanteuse allemande, parfaite heureusement, pour la faire revivre. Quant à Heinz Holliger, il a, à nouveau, tout compris de cet idiome musical. L'orchestre du SWR sonne avec des ombres, des lumières, des inflexions et nuances infinitésimales.

Cette parution est un chef-d'œuvre.

--Christophe Huss

Les 10/10 du mois

Un mois de nouveautés
Au crible aujourd'hui

WOLFGANG AMADEUS MOZART
Concerto pour flûte n° 1 K. 313, Concerto pour hautbois K. 314, Symphonie n° 32
Irena Grafenauer (flûte); Françoix Leleux (hautbois)
Orchestre symphonique de la Radio bavaroise
Günter Wand (K. 313) et Colin Davis
BR Klassik

WOLFGANG AMADEUS MOZART
Concertos pour piano n° 9, 12 et 14 (K. 271, 414, 449)
Edna Stern (piano)
Orchestre de chambre d'Auvergne
Arie van Beek
Zig Zag

RICHARD STRAUSS
Ein Heldenleben
ANTON WEBERN
Im Sommerwind
Orchestre symphonique de Chicago
Bernard Haitink
CSO Resound

RICHARD STRAUSS
Suite du Chevalier à la rose, Till l'espiègle, Vier Letzte Lieder
Anja Harteros (soprano)
Orchestre symphonique de la Radio bavaroise
Mariss Jansons
BR Klassik

MIKLÓS RÓZSA
Concerto pour violon op. 24
ERICH WOLFGANG KORNGOLD
Concerto pour violon op. 35
Matthew Trustler (violon)
Orchestre symphonique de Düsseldorf
Yasuo Shinozaki
Orchid Classics

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