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GUSTAV MAHLER
Symphonie n° 4

Laura Claycomb (soprano)

Orchestre symphonique de San Francisco

Michael Tilson Thomas

San Francisco Symphony- 821936-004-2(SACD)
Référence: ce disque-ci; Levy (Telarc); Walter (Sony)

rating

Je ne suis pas sujet à apprécier a priori les Mahler de Michael Tilson Thomas, à qui je dois, un soir à New York, la pire expérience mahlérienne de ma vie: une Cinquième tarabiscotée et coquette, proprement insupportable de mièvrerie sucrée. Je n'en ai été que plus abasourdi par cette expérience hors du commun. Michael Tilson Thomas égale, voire surpasse, deux gravures pourtant éminentes des dix dernières années, Davis (RCA) et Levy (Telarc), qui ont, dans la Quatrième, livré chacun leur meilleur témoignage mahlérien. "MTT" est plus mouvant que le premier et plus chaleureux que le second. Pourtant la qualité de base est la même: une fête sonore, un kaléidoscope instrumental, une radiographie orchestrale, greffée ici à un vrai théâtre musical.

Deux choses frappent de prime abord: c'est un SACD parfait et une performance orchestrale encore plus renversante que celle d'Atlanta sous la direction de Yoel Levy. Contrairement à l'autocollant qui ornait mon exemplaire, ce SACD n'est pas seulement stéréo, mais aussi multicanal (comme les volets précédents du cycle) et c'est un modèle en ce domaine, dans la répartition des voies, la spatialisation des sources et la chaleur des timbres. Il y a certes encore un espace interprétatif béant pour la version moderne d'une Quatrième active et heureuse, qui succédera à celles de Van Beinum et Walter I. Mais Tilson Thomas vient éclipser ses pairs dans le registre poético-onirique (cf. les glissandos du mouvement lent, notamment celui à 23'10, pour le moins osé). Si Davis et Levy résistent à l'onde de choc, il faut reconnaître qu'en terme de plastique et de beauté sonore une version telle que celle de Karajan (DG), longtemps référence en la matière, est aujourd'hui bien dépassée.

Tilson Thomas sculpte sa Quatrième mais sans les maniérismes dont il peut parfois être friand. Même si son Ruhevoll (3e mouvement) est très lent, il n'en est pas statique, mais pacifié, dans la droite lignée de l'idée de rêve qui unit toute son interprétation. Dans un ensemble d'une respiration unitaire poignante on trouve des moments totalement sublimes (écoutez le 1er mouvement entre 13' et 15'...) qui résultent d'une attitude rare et exemplaire dans l'écoute mutuelle des pupitres. Les phrases s'imbriquent parfois d'une manière quasi irréelle (I et II surtout).

Oui, bien-sûr, je conçois qu'on puisse attendre une vision moins esthétisante de cette partition, ou un finale aux interventions orchestrales plus contrastées. Je l'avoue, vous le savez si vous me lisez depuis quelques années: c'est mon cas (Virgin nous promet une version Harding de cet acabit... attendons!). Mais, dans l'optique choisie par MTT, vraiment, je vois difficilement ce qu'on peut demander de plus. Si vous avez déjà la version Levy, il y a un risque de redondance, les deux gravures étant proches dans l'esprit, avec pour différence principale le mouvement lent, actif chez Levy, planant ici. Sinon, la version Tilson Thomas, avec une chanteuse vocalement plus adéquate que Frederica von Stade et qui n'en fait pas trop, vous fera entendre comme rarement (ou jamais) auparavant ce qu'on peu faire dans cette œuvre. De fait, sa Quatrième semble jouée comme un songe, une musique rêvée. Dans l'esprit elle tend donc véritablement vers le finale, qui est l'incarnation chantée de ce songe (ce mouuvement vocal est-il une évocation du paradis ou un rêve de paradis?). Méditez les dernières paroles: "Dass alles für Freuden erwacht". Oui, la dernière parole de l'œuvre est "erwacht", "s'éveille". Et comme cet éveil est soudain radieux...

--Christophe Huss

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