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LUDWIG VAN BEETHOVEN
Symmphonie n° 3 "Héroïque"; Douze contredanses WoO 14; Marche funèbre de Leonore Prohaska WoO 96; Romances pour violon op. 50 n° 1 et 2

Katarina Andreasson (violon)

Orchestre de chambre de Suède

Thomas Dausgaard

Simax- PSC 1281(CD)
Référence: Scherchen (Westminster-Universal)

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Soyons clairs, l'Héroïque de Dausgaard a deux, et seulement deux, prédécesseurs dans l'histoire enregistrée de l'œuvre: Hermann Scherchen et Michael Gielen (1er enregistrement à Cinncinati, Vox). Il aura peut-être un successeur, avec le SACD de Paavo Järvi qui s'en vient chez PentaTone, mais on jugera ce dernier quand il sera là, et non en fonction de ce qu'on sait du trio Järvi-Beethoven-Deutsche Kammerphilharmonie. L'optique interprétative est en tous cas très exactement la même que celle défendue par Paavo Järvi en concert: intraitable, crue, héritière de la révolution française. Si Paavo Järvi a encore davantage trouvé dans le 2e mouvement le moyen de mettre en relief les sources des marches de la révolution, un aspect "Gossec sublimé" du mouvement, Thomas Dausgaard en "beethovénise" davantage les accents.

Thomas Dausgaard cultive en tous cas ce que Scherchen avait vu avant tout le monde: la force lapidaire et la rude nouveauté de cette musique quasiment sortie de nulle part (sauf du Paris musical du temps, capitale où Beethoven était allé tenter sa chance). Servi par une prise de son proche et une acoustique tranchante, le rouleau compresseur mis en place par Dausgaard ne connaît aucun répit. C'est là le secret de ce type de vision. Avec le Philharmonique de Radio-France, Paul McCreesh a cherché dans la même direction, mais s'est planté en relâchant la bride à force de se regarder diriger.

Inutile de dire que le vibrato est assez réduit, ce qui donne d'ailleurs des sonorités fort intéressantes à la marche funèbre. On peut penser que ce genre de version "rentre dedans" est une solution de facilité: grande erreur, car non seulement la moindre chute de tension est fatale, mais en plus il est très difficile de soigner en même temps la tenue rythmique, l'exactitude des équilibres polyphoniques et le respect des accents. C'est dans le Scherzo et le Finale que l'on voit clairement que Dausgaard maîtrise tout.

L'orchestre suédois lui est dédié avec passion. Je fonde espoir sur le fait que la Deutsche Kammerphilharmonie avec Järvi sonnera de manière aussi ferme mais un peu moins sèche. Mais cette raideur un peu dure est quasiment inévitable dans une telle vision, même si c'est un reproche que l'on peut adresser au disque. Par contre, point qui donne un avantage substantiel face à toute la concurrence, le programme est stupéfiant d'intelligence, avec les Contredanses dont est issu le Finale de l'Héroïque et la Marche funèbre de la Musique de scène pour Leonore Prohaska (1815), orchestration de la Marche funèbre de la Sonate pour piano op. 26. Dausgaard est le premier à interpréter les Contredanses comme du vrai grand Beethoven et souligne parfaitement l'aspect processionnel de la Marche tirée de l'opus 26. J'ai moins d'affinités avec les Romances totalement déromantisées, mais je ne vais certainement pas priver ce magistral disque coup de poing d'un 10/10 pour cela.

--Christophe Huss

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