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OLIVIER GREIF
Sonate de Requiem op. 283 (1979-1993); Trio pour piano violon et violoncelle (1998)

Antje Weithaas (violon); Pascal Amoyel (piano); Emmanuelle Bertrand (violoncelle)



Harmonia Mundi- HMC 901900(CD)
Référence: aucune

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Attention, disque choc! Les temps sont certes favorables à la musique d'Olivier Greif (1950-2000), avec le retour en grâce des musiques qui expriment quelque chose. Et c'est ici une grande musique d'un compositeur aux prises, audiblement, avec des tensions puissantes, des déchirements. Lorsqu'on a commencé à connaître la musique de Greif à travers le disque, il se prénommait encore Haridas. Brigitte François-Sappey, dans son excellente notice nous indique qu'Olivier Greif, dans sa quête spirituelle, qui passait par l'Inde, avait choisi de s'appeler Haridas ("serviteur de Dieu") entre 1978 et 1998. Puisque nous parlons de la notice, signalons que les deux œuvres bénéficient de notes du compositeur, des notes précises et utiles, pas des déclarations d'intentions fumeuses.

Même si la Sonate de Requiem donne un intéressant titre au CD, je vous recommande de commencer l'écoute du disque par la plage 5, premier mouvement du Trio composé en 1998. Je cite le compositeur: "le titre De Profundis a beau ne désigner que son premier mouvement, il donne pourtant sa couleur émotionnelle à l'œuvre (...): celle d'un absolu désespoir, à peine adouci vers son terme." Je dois avouer que je suis sonné par cette œuvre autant que par trois écoutes successives du 15e Quatuor de Chostakovitch! C'est à mon sens une partition sublime, parfaitement construite (les récurrences du choral à la Pärt dans le volet initial) et déconstruite (phrases en lambeaux), d'un langage résolument moderne (les clusters-choc du piano). "Aussi noir qu'il soit, ce désespoir est un absolu", dit Greif qui n'y voit pas dans le désespoir une "finalité en soi" mais un "moyen de tendre vers Dieu". Seul le Finale tente d'échapper de la noirceur, mais la musique semble comme "pédaler", ne pas parvenir à se rassembler, malgré un point final lapidaire.

Maintenant, après les tourbillons, allez à la plage 1 et écoutez cette musique, cette Sonate de Requiem, sonnant comme un chant de l'au-delà, chant que Greif voit comme une "méditation sur la mort", musique qui se souvient, par bribes de ce qu'était le monde, à travers d'autres sons. Le sens des fulgurances des cordes, les mondes sonores créés par Pascal Amoyel sont autant de miracles au service d'un grande musique, déchirée et déchirante.

--Christophe Huss

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