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WITOLD LUTOSLAWSKI
Concerto pour orchestre
BÉLA BARTÓK
Concerto pour orchestre


Orchestre symphonique de Cinncinati

Paavo Järvi

Telarc- SACD 60618(SACD)
Référence: Leinsdorf (CD RCA); Bernstein (CD Sony); Kocsis (SACD Hungaroton)

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On ne manque pas de références dans le Concerto pour orchestre de Bartók, mais ce SACD marque la discographie pour deux raisons: un couplage idéal avec le Concerto pour orchestre de Lutoslawski et une interprétation dans les deux cas transcendante. Pourquoi transcendante, parce qu'elle tente d'aller au-delà de ce qui a pu être tenté en matière non seulement de clarification polyphonique, mais aussi d'inventivité sur les textures.

Il est très clair que Paavo Järvi n'extrapole pas sur la douleur et la précarité de la situation de Bartók en Amérique, un malheur qui aurait affecté son propos musical en infléchissant le Concerto pour orchestre dans une direction expressive et noire (cf. la version d'Ancerl). Cette vision, qui nous a donné les plus grandes interprétations, reste légitime et fascinante, mais on peu aussi se demander s'il importait vraiment à Bartók de parler à ce point de lui dans sa musique.

Paavo Järvi, tout comme Erich Leinsdorf à Boston en 1962, et sans devenir clinique, s'appuie entièrement sur l'idée de "Concerto pour orchestre". Tout dans son interprétation est un dosage de proportions et de couleurs. Ce ne sont pas des "intentions" qui sont habitées mais des "sons", l'exemple le plus flagrant de cette règle se situant dans la première minute de l'Élégie et la solution sonore parfaite et originale qu'il apporte à la différenciation de l'écriture de la 3e partie des violons 1 (Bartók a divisé ce pupitre en trois ici). La même chose vaut pour les volumes: écoutez à quel point Järvi "réserve" un cran dynamique pour le crescendo vers fortissimo (mes. 509 et suiv.) de la coda du 1er mouvement. Il en fera de même à la fin de l'œuvre.

Il est sûr qu'un tel cartésianisme ne plaira pas à ceux qui cherchent (moi-même de temps en temps...) des filigranes émotionnels et humains, mais il est intellectuellement et musicalement des plus stimulants. D'ailleurs, contrairement à Eschenbach récemment, Järvi opte pour un vrai Allegro dans l'Intermezzo interotto, dont il gère parfaitement le caractère lisse (non affecté) du "Calmo" (2e thème) et la succession des épisodes.

Dans le Concerto de Lutoslawski, ce sont davantage les élans, les masses et la structure que Paavo Järvi gère, avec une vraie fulgurance et une ivresse de la puissance. C'est de ce point de vue plus impressionnant qu'Ozawa, pionnier de ce couplage si ma mémoire est bonne. Ce disque fascinant est idéalement enregistré dans une salle des plus gratifiantes pour le multicanal musical.

--Christophe Huss

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