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GUSTAV MAHLER
Symphonie n° 7


Staatskapelle Berlin

Daniel Barenboïm

Warner Classics- 2564 62963-2(CD)
Référence: Bernstein (DG); Haitink II et III (Philips); Kondrachine (Melodiya)

rating

Ce disque répond d'emblée (c'est à dire dès la première minute) à une question légitime et récurrente: est-il encore possible, sans "trafiquer" une œuvre, de livrer une vision originale, du "jamais entendu"? La réponse rend heureux: c'est "oui"!

Pas plus qu'en recevant les Symphonies de Beethoven ou de Schumann par Barenboïm je n'y croyais vraiment a priori. Ni le Chant de la Terre chez Erato, ni la 5e Symphonie chez Teldec m'avaient convaincus que Barenboïm avait quelque chose de particulièrement pertinent à dire sur Mahler. Cette extraordinaire Septième (et je tiens au mot extra-ordinaire…) vient une nouvelle fois déjouer tous les pronostics.

Oui, on peu dire quelque chose de neuf, et la largeur des trémolos initiaux, qui installe une sorte de sourde menace latente, renforcée par le très habile dosage de la grosse caisse (relayée ailleurs pat un tuba en verve), est là pour le prouver. D'emblée aussi, Barenboïm marque son territoire en termes de timbres. On n'est pas là dans une exécution "internationale interchangeable" de la 7e de Mahler: on est au cœur de l'univers sonore mahlérien. Le chef parvient à conjuguer à la fois richesse de timbres et caractérisation sardonique.

Et ce n'est pas la seule quadrature du cercle réussie par Barenboïm. L'autre, évidente pour tout auditeur quelque peu familier avec la partition, est la manière avec laquelle est scrutée la partition. Même celui qui connaît par cœur ses versions Bernstein, Kubelik, Haitink ou Kondrachine trouvera ici ou là des mises en relief des équilibres ou simplement des "présences" dans la polyphonie d'instruments ou de couleurs qu'on n'entend pas forcément d'habitude (écoutez par exemple la véritable forêt de sons dans la section mesurée du 1er mouvement après 7'12). Ce travail n'est en rien du nombrilisme de chef. Il sert la musique.

Il est facile de constater à quel point Barenboïm se pose en serviteur de la musique, dans la manière dont il fluidifie les transitions et ne ralentit jamais à outrance. Il touche juste dans la première Nachtmusik, dans un Schattenhaft vraiment fantomatique (le grand Kubelik y a enfin un vrai rival!) et même dans un Finale très cohérent. Il pousse à leurs limites des musiciens qui, comme toujours, se donnent corps et âme à leur chef. À force de travail acharné celui-ci les a transformé en vrais rivaux du Philharmonique de Berlin, individuellement moins brillants (quoique les clarinettes et cors soient glorieux!) certes, mais collectivement gagnants.

Ce disque sera assurément l'une des grandes parutions symphoniques de l'année 2006. Il est d'ailleurs servi par une prise de son absolument extraordinaire.

--Christophe Huss

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