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JOHANNES BRAHMS
Concertos pour piano n° 1 et 2

Nelson Freire (piano)

Orchestre du Gewandhaus de Leipzig

Riccardo Chailly

Decca- 475 7637(CD)
Référence: cet album-ci

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Cela faisait très longtemps que l'on n'avait pas eu une intégrale des deux concertos aussi implacablement et constamment remarquable et majeure. Même Guilels et Jochum, ne retrouvaient pas l'évidence de Serkin-Szell, qui, sur l'ensemble des sept mouvements de ces deux œuvres, sont ceux qui s'imposent à moi. On espérait beaucoup de Freire et Chailly, un mariage musical a priori parfait. Allait-il résister à l'épreuve de l'enregistrement, "live" qui plus est? Allait-il se concrétiser dans les faits?

Dès l'introduction du 1er Concerto on a compris que Chailly est présent au rendez-vous. Sans que l'introduction de Rattle ne démérite, on se dit que Chailly ne sera sans doute pas souvent invité au Philharmonique de Berlin... Bien trop dangereux: il intègre intuitivement le style, la poigne, le son et les équilibres. Non, Nelson Freire ne peut pas décevoir après ça, non, il ne peut pas faire retomber la tension... Et, évidemment, il est là, lui aussi présent.

Le 1er Concerto de Brahms de Freire et Chailly est juste car il tient le cap, il ne ralenti pas bêtement les épisodes "féminins" ou "romantiques". Il trouve également la bonne pulsation du mouvement lent, dans une vision à la fois sensible et musicale qui enterre illico et d'évidence la niaiserie fleur bleue de Zimerman-Rattle qui paraît quasi simultanément. Le Finale est de la même consistance: une "patte" gauche un peu moins physique que celle, unique, d'Arrau (en concert avec Kubelik), mais une clarté et la vraie fougue du Brahms de 25 ans. Enregistré en février 2006, ce 1er plein de vie, de fougue et de justes inventions égale, voire dépasse, parmi les versions modernes Brendel-Abbado et Grimaud-Sanderling.

On en connaît des pianistes à l'aise dans le 1er, qui enlisent le 2e. Le doute est vite levé. C'est entre la mesure 17 et 27, dans la seconde partie de leur première intervention soliste, que les pianistes donnent le signal. Où ils ralentissent et c'est parti pour l'imagerie d'Épinal, où ils restent droits dans leur bottes. Ces derniers sont rares et Nelson Freire en fait partie. Il est fondamental que la tension ne baisse pas dans les deux premiers mouvements. Il est fondamental aussi que ce ne soit pas toujours le chef, ou toujours le pianiste qui "relance la machine". Freire et Chailly soutiennent ce flux comme il se doit. Et même dans l'Opus 83, ils mettent cette hargne et prouvent que Brahms n'est pas ce vieux barbon au romantisme éperdu. Dans le 2e mouvement, les accents sont vifs, cinglants. Chailly utilise toute la culture brahmsienne de son nouvel orchestre: il se repose sur des cordes graves solides, et fait circuler la musique entre les pupitres en n'arrondissant pas trop le son. Le Gewandhaus sonne clair, brillant et les vents solistes donnent l'impression de jouer haut. Même dans le 3e mouvement rien n'est mielleux et le toucher du pianiste brésilien irisé de mille inflexions.

Oui, Nelson Freire et Riccardo Chailly ont rempli leur contrat, ils nous donnent ce qu'on attendait depuis que ce projet a été façonné il y a trois ou quatre ans: la version moderne de référence des Concertos pour piano de Brahms.

--Christophe Huss

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