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LUDWIG VAN BEETHOVEN
Concerto pour violon et orchestre; Romances

Christian Tetzlaff (violon)

Orchestre de la Tonhalle de Zürich

David Zinman

Arte Nova Classics- ANO 769940(CD)
Référence: Mullova-Gardiner (Philips); Kremer-Harnoncourt (Teldec)

rating

Trois brefs instants ont failli coûter à ce disque de la note maximale. Ils résultent d'une sensation que j'éprouve, à l'écoute de cette véritable relecture, de retrouver un tout petit peu le David Zinman militant et démonstratif du cycle des symphonies. Tel accent un peu trop marqué de la clarinette vers 7'30 du 1er mouvement, telle saturation chostakovienne de cuivres en filigrane d'un tutti (intervention d'orchestre autour de 9'20-9'40), tel à-coup (3'20) dans le Finale m'instillent le sentiment que le chef en fait parfois un peu trop. Mais les choses, heureusement, s'arrêtent là, car Zinman a notamment appris la souplesse depuis son enregistrement des symphonies.

Quant au fond, la ligne est claire: allant, souplesse, allègement et chant. Tetzlaff est sidérant de finesse et d'intelligence dans son dialogue avec l'orchestre: il connaît très bien la différence entre le concerto de Beethoven et celui de Tchaïkovski! Esthétiquement, le pari des interprètes est très clair: ces indiscrétions de trompettes, des timbales sèches (ouverture comme chez Gardiner) et le choix des cadences vont dans le sens d'une lecture "française" du concerto, placé historiquement entre l'Héroïque et la 5e (dont les esquisses précèdent le concerto, mais la réalisation le suit).

Ce sont là les "derniers échos français" dans l'œuvre de Beethoven. Tetzlaff choisit donc, et c'est l'idéal dans le cas présent (Swensen et Kremer y ont eu précédemment recours, Mullova, hélas, non), les cadences transcrites pour violon d'après celles composées par Beethoven lors de sa transcription piano-orchestre de cet Opus 61. L'association tambour-violon y renforce l'aspect militaire, "français" justement, ainsi que le rôle structurant (comme fil conducteur) et coloriste de la percussion.

Tetzlaff et Zinman ne s'en laissent pas compter: les tempos sont justes, avec un Larghetto plus allant et, partout, ce jeu de violon allégé, d'une lucidité parfaite convainc. Le 2e mouvement touche même à la grâce, ce qui, dans un tempo réajusté, n'allait pas de soi. Et on redécouvre une finesse une légèreté que l'on ne soupçonnait pas à cette œuvre amidonnée par la tradition.

Le verdict est clair : Tetzlaff et Zinman transforment tous les essais tentés précédemment (par Mullova et Kremer, notamment) pour retourner le Concerto pour violon de Beethoven à sa véritable substance. Cela n'efface aucunement les merveilles gravées par Oïstrakh-Cluytens, Francescatti-Walter, Perlman-Barenboïm, Milstein-Steinberg, Szeryng-Klemperer et Grumiaux-van Beinum... dans un autre registre, tout comme 99% des interprétations de l'Héroïque jouent dans un registre différent de celui de Thomas Dausgaard (Simax, 10/10), ce qui n'empêche ni Dausgaard d'avoir historiquement et musicalement raison, ni Giulini et Furtwängler de nous avoir donné des interprétations sublimes de cette symphonie. Les grands chefs-d'œuvre laissent la place à tous!

--Christophe Huss

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