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JOSEPH HAYDN
Orlando Paladino; "dramma eroicomico"

Patricia Petibon (Angelica); Michael Schade (Orlando); Christian Gerhaher (Rodomonte); Werner Güra (Medoro); Malin Hartelius (Eurilla)); Elisabeth von Magnus (Alcina); Markus Schäfer (Pasquale); Johannes Kalpers (Licone); Florian Boesch (Caronte)

Concentus Musicus Wien

Nikolaus Harnoncourt

Deutsche Harmonia Mundi- 2 CD 82876 73370 2(CD)
Référence: cet enregistrement

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Ce qui manquait, depuis l'intégrale des opéras de Haydn par Antal Dorati, c'est un chef qui dépasse la "documentation musicale" et fasse un tri pour mettre en lumière tel ou tel ouvrage. On savait que Il Mondo della luna avait intéressé d'autres baguettes que Dorati (le jeune Giulini par exemple), mais voici que Nikolaus Harnoncourt met son sceau sur Orlando Paladino et fait resplendir un ouvrage irrésistible.

Oublier Orlando Paladino (1782) c'était oublier l'ouvrage lyrique le mieux accueilli de Haydn à son époque. Cet opéra précieux est porté par un livret très habile de Nunziato Porta, qui adapta le livret d'un opéra intitulé Les Folies d'Orlando écrit par Carlo Francesco Badini pour le compositeur Pietro Alessandro Guglielmi, qui composait des opéras bouffes pour divertir le public des scènes londoniennes. L'ouvrage de Porta et Haydn juxtapose personnages sérieux et comiques, Orlando faisant le lien entre les deux univers.

Orlando (Roland) aime une princesse (Angelica), qui est amoureuse de Medoro. Jaloux et irascible, Orlando veut exterminer le couple, qui est néanmoins entre les mains de la bonne fée Alcina. Les personnages annexes et "comiques" sont la bergère Eurilla, l'écuyer gourmand Pasquale et, surtout, Rodomonte, défini par la notice comme un "Sarrasin débile et païen qui veut massacrer tous les Chrétiens et Francs qui croisent son chemin". Haydn et son librettiste se sont bien amusés.

Pour schématiser un peu, le sel d'Orlando Paladino est que nous redécouvrons ici une sorte d'opéra pré-rossinien, qui ne se pose pas de questions existentielles et fait passer un moment très remarquable et, ce, d'autant plus que la version Harnoncourt bouscule tout sur son passage. Sur le fond, Harnoncourt note le génie haydnien de "l'alliance du pathétique et de l'ironie, du sentiment vrai et de la parodie, de l'héroïsme bouffi et de la lâcheté, de la folie née de drogues tranquillisantes, de sentiments vrais et de dérives affectives, de la pétulance populaire et de jeux amoureux débridés".

On remarquera que la lecture orchestrale possède la verve de ses symphonies parisiennes et propulse l'ouvrage aux sommets en une vingtaine de minutes de moins que Dorati. On remarquera aussi que la distribution réunie pour le Festival de Graz 2005 est éblouissante à tous les étages. Michael Schade livre la prestation d'une vie (écoutez son exaltation à l'évocation d'Angelica - CD 1 plages 21 et 22), Gerhaher est un parfait Rodomonte bouffe, Elisabeth von Magnus trouve le ton exact d'Alcina (comme Schäfer dans Pasquale) et Patricia Petibon, qui n'a pas été à pareille fête depuis les Indes galantes, éblouit par une vocalité vertigineuse

Si ce n'est pas là l'enregistrement d'opéra de l'année 2006, ce n'en sera pas loin...

--Christophe Huss

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