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WOLFGANG AMADEUS MOZART
La Clémence de Titus (La Clemenza di Tito)

Mark Padmore (Titus); Alexandrina Pendatchanska (Vitellia); Bernarda Fink (Sextus); Marie-Claude Chappuis (Annius); Sunhae Im (Servilia); Sergio Foresti (Publius)

Rias Kammerchor; Freiburger Barockorchester

René Jacobs

Harmonia Mundi- HMC 901923.24(CD)
Référence: cet enregistrement

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Dans sa tentative de réévaluer la Clémence de Titus, l'enregistrement audio de Mackerras avait failli. À une belle lecture orchestrale appliquée à des timbres quelconques de l'Orchestre de chambre d'Écosse se joignait un choix très critiquable des rôles masculins, notamment celui de Reiner Trost, Titus engorgé. En bout de course on retenait deux choses: l'enregistrement de Mackerras valait pour le Sextus parfait de Magdalena Kozena et La Clémence devait bénéficier d'une conjonction d'éléments rarissime pour convaincre.

Cette conjonction, René Jacobs nous la donne et il parvient (compliment critique suprême!) à ce qu'on croyait presque impossible: nous convaincre que La Clemenza di Tito est un grand opéra. D'un bout à l'autre de cette révélation l'attention ne lâche jamais. Et pour une raison simple: la tension, le nerf de la guerre est dans les récitatifs, que tout le monde regarde d'habitude de haut, parce que les récitatifs secco ne sont pas de Mozart.

Même si évidemment le sel musical est dans tout ce que Mozart a composé, les récitatifs sont le viatique indispensable pour faire vivre La Clémence de Titus, pour établir les ponts, faire vibrer et avancer l'action, rendre le chant nécessaire. Jacobs et ses artistes investissent les récitatifs et leurs communiquent une vie théâtrale non encore approchée. On notera au passage la couleur parfaite du pianoforte. Nous voilà donc face à un théâtre chanté, qui n'est pas "moins réussi que la Flûte enchantée" tout simplement parce que le comparer à la Flûte serait vain.

Animée de cette veine, de cette continuité, La Clémence convainc. Tout simplement parce que Jacobs a trouvé partout le bon tempo, le bon phrasé, la bonne couleur (écoutez la vie insufflée par les commentaires du pianoforte). Contrairement à ses Noces de Figaro, qui pâtissaient de la Comtesse hors forme de Véronique Gens, il peut compter sur une distribution parfaite. Le duo Vitellia-Sextus est très intéressant. Bernarda Fink ne cède en rien à Kozena en Sextus et on est heureux d'entendre enfin Pendatchanska dans un grand disque: son abattage et son ambitus dynamique vont de pair avec des graves nourris dont manquent la plupart des interprètes de Vitellia.

Jacobs (qui s'exprime clairement et judicieusement sur l'opéra dans la notice) a aussi trouvé (comme Harnoncourt à Salzbourg, avec Michael Schade) un vrai ténor mozartien pour Titus. Mark Padmore remplit toutes les espérances, avec distinction et justesse. Les trois rôles annexes sont parfaitement tenus, même Publio, en général très mal servi.

En dépit de Davis, Gardiner, Harnoncourt, Kertesz, voici la nouvelle référence... et de très loin.

--Christophe Huss

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