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LUDWIG VAN BEEETHOVEN
Symphonie n° 9

Helena Juntunen (soprano); Katarina Karnéus (mezzo); Daniel Norman (ténor); Neal Davies (baryton)

Minnesota Chorale, Minnesota Orchestra

Osmo Vänskä

BIS- SACD 1616(SACD)
Référence: Wand (RCA)

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La fin de tant d'années d'attente, le bonheur absolu, à faire venir les larmes aux yeux: voilà enfin, très exactement le début du Finale de la 9e Symphonie de Beethoven tel, qu'incrédule, je le lisais depuis des lustres dans la partition et tel que je ne l'entendais jamais.

Il faut rendre à César ce qui lui appartient: c'est bel et bien Hermann Scherchen qui a eu la vision de ce qu'était ce tumulte. Hélas dans son concert de Lugano édité par Accord, l'Orchestre de la RTSI ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait et implosait dans une indescriptible cacophonie. Depuis, c'est Hogwood qui a le mieux incarné ce que tous déformaient sous l'emprise de la tradition et de deux indications contradictoires en apparence ("in tempo" et "dans le caractère d'un récitatif"). Mais entendre la chose avec un orchestre symphonique cela fait un tout autre choc. Vänskä réussit le "in tempo" et le récitatif, et, surtout, ce que Scherchen, seul, avait osé: la transition de tempo très exacte entre le tumulte et les réminiscences des mouvements précédents.

Au seul exemple de ce passage clé, Osmo Vänskä annonce la couleur. Le reste n'est pas une surprise venant d'un chef qui a ainsi "vu" ce début de Finale. Vänskä balaie toutes les scories de la tradition, tous les petits ralentis pas indiqués ou ceux anticipés d'une mesure, tous les phrasés erronés.

Telle une course à obstacles, la 9e est en effet jalonnée de ces petits pièges, de ces différenciations entre sf et ff, de ces touches de lumière que l'on entend si rarement (cf. le 1er mouvement, où Vänskä fait au moins jeu égal avec Wand et Munch), de ces tensions qui retombent si on ne fait pas donner un peu plus de violoncelles et de contrebasses au bon moment, ou de ces phrases tout simplement mal jouées. Toutes ces embûches, Vänskä les surmonte les unes après les autres sans coup férir. Non, il n'y a pas de fermata avant l'apparition du "Thème de la joie"... Oui, avec Osmo Vänskä, le phrasé de l'Andante moderato du 3e mouvement est exactement celui composé par Beethoven! Oui les quatre notes de flûte avant la coda du 1er mouvement sont a tempo, de même que la coda elle-même! Tout cela ne tient pas du détail: c'est l'essence même de la musique composée par Beethoven.

Dans cet esprit, rarissimes sont les micros-frustrations: la 6e mesure du 2e mouvement où les cordes pourraient entrer une fraction de centième de seconde plus tôt après la timbale (Abendroth est, là, quasi unique); quelques pianissimos qui aurait pu descendre d'un niveau (on a tellement fait le reproche à Vänskä d'en abuser qu'il doit se méfier!); le "t" final non prononcé de "stürtzt"; le ténor qui manque de brillance ou le prestissimo ultime qui aurait dû être aussi ivre et explosif qu'il est puissant.

Intellectuellement et émotionnellement la Neuvième par Vänskä est un éblouissement permanent, que relaie une technique SACD parfaite et que prolonge la partie chantée, marquée notamment par une prononciation quasi idéale du chœur sur les consonnes, une habile différenciation des tempos, et un vrai étagement dynamique de "Alle Menchen werden Brüder" par rapport à "Deine Zauber...". Dans un tel disque on aurait néanmoins pu demander à la soprano de refaire son passage sol-la sur "nie gekonnt" à 7'30.

Cela fait plusieurs années que l'on sait qu'Osmo Vänskä est un très grand chef. Mais avec cette Neuvième de l'Âge des Lumières nous sommes dans tout autre chose: dans le cercle très fermé des musiciens qui ont su marquer pour toujours la discographie d'un jalon majeur de l'histoire de la musique. Être musicien à l'Orchestre du Minnesota est aujourd'hui l'une des places les plus enviables de la planète dans le mode des musiciens d'orchestre. Les bassonistes et contrebassistes, immenses, apparaissent comme les ambassadeurs de cette phalange transcendée qui semble ne plus toucher terre.

--Christophe Huss

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