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JOHANNES BRAHMS
Symphonie n° 4
ARNOLD SCHOENBERG
Variations pour orchestre op. 31


Deutsches Symphonie-Orchester Berlin

Kent Nagano

Harmonia Mundi- HMC 901884(CD)
Référence: Karajan-1988 (DG); Kleiber Vienne (DG); Haitink I (Philips)

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Berlin aura décidément été une terre de surprises en 2006. Après la 7e Symphohnie de Mahler par Barenboïm, voici, au même niveau, l'étonnante Quatrième de Brahms de Kent Nagano.

L'étonnement en question n'est pas long arriver. Première note, l'un des défis les plus délicats pour un chef. Il lui faut parvenir à poser cette note comme si elle préexistait, la "cueillir" en quelque sorte. Le modèle du genre a été gravé en 1977 par Kurt Masur à Leipzig et on a rarement, depuis, retrouvé ce miracle. Et bien, Kent Nagano, le chef "analytique", parvient à cueillir cette note sans le moindre artefact audible. La Symphonie est bien partie et elle continue sur la même voie.

Si Nagano pouvait avoir un modèle, ce serait Bernard Haitink dans sa première version, avec ce premier mouvement monté sans à-coup, sans démonstration de force, ou "geste" de chef. On est donc loin de l'emballement cher à Carlos Kleiber ou Fritz Reiner et, finalement, assez près de ce que Karajan fit dans cette même Philharmonie il y a dix-huit ans pour son dernier enregistrement de la Quatrième. À partir du second mouvement, Nagano va d'ailleurs se rapprocher de la tradition incarnée par Karajan, avec une densification des couleurs sur le second thème, admirablement lyrique.

C'est dans ce disque, apparemment le dernier CD symphonique de Nagano chez Harmonia Mundi (suivra l'opéra L'Amour de loin de Saariaho), que se cristallise la conjugaison de la rigueur du chef américain et d'un vrai signifiant musical. La rigueur est déjà annoncée par le programme: le couplage avec les Variations opus 31 de Schoenberg (et sa justification au dos du boîtier) est là pour symboliser que l'attention rigoureuse portée à la structure rapproche Brahms et Schoenberg. De ce point de vue, Nagano se pose radicalement aux antipodes de Thielemann, incapable de tenir de manière cohérente et conséquente un mouvement-sonate dans une symphonie.

C'est au nom du respect de la structure que Kent Nagano cimente la symphonie de Brahms en ne bougeant quasiment pas de tempo à l'intérieur des mouvements. C'est le 2e thème qui dicte le tempo de l'Andante moderato, c'est la variation de la flûte qui a une incidence sur le rythme plutôt mesuré du Tempo I du Finale et quand Brahms écrit "poco meno presto" dans le Scherzo, le passage est joué dans la coulée, poco meno presto, et non en exergue ("molto meno").

Une Chaconne de Brahms si bien cadrée, sans "geste" expressif particulier (cf. les accents de Furtwängler ou les accelerandos de Monteux) vit, comme chez Karajan par la tenue rythmique et la saturation de la polyphonie. Inutile de dire qu'après un tel travail, les Variations de Schoenberg, l'une de ses plus belles œuvres, s'insèrent comme dans un écrin. Aidée par une prise de son stupéfiante dans les studios Teldex de Berlin la direction du chef américain éclaire les plans et cadre tout. Plaisirs intellectuels et sensoriels sont à nouveau mêlés et on ne peut être qu'ébahi devant la beauté de l'orchestre qui semble l'un des rares à jouer Schoenberg non par obligation mais par goût, avec une quasi sensualité.

Un maître-disque comme on ne l'attendait pas à ce niveau.

--Christophe Huss

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