Excellente idée de la part de James Ehnes de grouper les trois grands "concertos romantiques du XXe siècle". Deux de ses prédécesseurs dans la même lignée esthétique avaient partiellement fait ce choix: Gil Shaham avec son Barber-Korngold chez DG et Joshua Bell avec son Barber-Walton chez Decca. Le couplage en tant que tel est optimal et donne un avantage compétitif à Ehnes.Il est tout aussi évident que dans cette esthétique hédoniste, le coté un peu "lisse" du personnage musical James Ehnes ne pose aucun problème. La beauté pure de son violon est absolument splendide, même si je ne peux me sortir de l'esprit le "gras" plus voluptueux du violon de Gil Shaham dans Korngold et Barber.
Peu agissante, surfant sur la musique qui le porte, l'interprétation de James Ehnes exhale avec une grande sensibilité les lignes de ces concertos, dans un son aux aigus très purs, qui semble "tissé" comme une toile d'araignée. La grande surprise, vient de la fiabilité scrupuleuse et agissante de l'Orchestre de Vancouver, très bien dirigé par son chef Bramwell Tovey.
Oui, on pouvait espérer un peu plus de chair dans le son et un peu plus de passion dans la Romance de Korngold, mais l'ensemble est remarquable.