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CAMILLE SAINT-SAËNS
Symphonie n° 3 “avec orgue”
FRANCIS POULENC
Concerto pour orgue et timbales
SAMUEL BARBER
Toccata festiva

Olivier Latry (orgue)

Orchestre de Philadelphie

Christoph Eschenbach

Ondine- ODE 1094-5(SACD)
Référence: Saint-Saëns en SACD : Nézet-Séguin (Atma)

rating

Le programme du concert d'inauguration de l'orgue du Verizon Hall de Philadelphie est absolument parfait et Christoph Eschenbach a choisi pour le défendre le grand organiste de Notre-Dame de Paris, Olivier Latry.

Le disque (qui débute par Barber et finit par Saint-Saëns) frappe par son acoustique assez sèche et peu vaste, qui évoque davantage le multimicros de studio que la captation de concert. Fréquemment des couleurs, des bois notamment, sont mises en avant, et, techniquement, le canal central est très sollicité. D'ailleurs les interprétations sont des interprétations de couleurs.

Pour être très franc, je pense que Christoph Eschenbach n'a pas une traître idée de l'esthétique de la musique de Saint-Saëns, qu'il nous sert de manière liquoreuse et énamourée comme un mauvais disciple de Virgil Fox converti à la direction d'orchestre. Sa fréquentation de la musique française en France aurait pourtant dû lui donner quelques idées... Mais non. Déjà assez mal à l'aise avec le délicat phrasé du début, il pousse l'expression à des niveaux au-delà de l'acceptable dans cette musique.

On peut être lent dans le deuxième mouvement (cf. Flor ou Nézet-Séguin) sans tomber dans une guimauve de musique à l'eau de rose pour un film hollywoodien. Cette trituration se fait par vagues, brisant à la fois le continuum musical et l'homogénéité du tissu orchestral (les gros épanchements de sentimentalisme gluants apparaissent comme des coups de zoom d'une caméra). Latry est admirable de tenue et de douceur dans ce chewing-gum.

Comme par réaction, le 3e volet devient une sorte de chasse à courre, avec, là aussi, une étrange juxtaposition sonore de pupitres plutôt qu'un son d'orchestre. Le Finale, très articulé et posé, avec un orgue puissant et bien capté, fait son logique effet. Mais toute la symphonie repose sur l’esbroufe et une méconnaissance stylistique absolue.

Dans Poulenc, les couleurs choisies par Latry sont parfaites et l'impact de l'orgue dans l'espace sonore est fort impressionnant, créant des contrastes de volumes saisissants. Il est bien suivi par l'orchestre, même si l'épisode "Subito andante moderato" menace de tomber dans les mêmes travers que Saint-Saëns et que sa seconde partie n'a rien de la légèreté de plume de Poulenc (toujours ce défaut d'utiliser de trop gros pinceaux...). Partout dans Poulenc, l'orgue est assez "gros" par rapport à l'orchestre, mais c'est le rapport logique d'un concerto et Latry cimente bien le discours.

L'organiste registre également avec justesse la Toccata de Barber (très bel épisode médian). On comprend, à découvrir la vision de Saint-Saëns, que ce soit la meilleure partie du concert qui ouvre le disque. Barber lui évite une note artistique inférieure à la moyenne, note que le Saint-Saëns suscite logiquement.

--Christophe Huss

Les 10/10 du mois

Un mois de nouveautés
Au crible aujourd'hui

WOLFGANG AMADEUS MOZART
Requiem. Concerto pour clarinette
Benjamin Dieltjens (clarinette de basset); Lucy Hall (soprano; Angélique Noldus (mezzo); Hui Jin (ténor); Josef Wagner (basse)
Choeur de chambre de Namur; New Century Baroque
Leonardo Garcia Alarcon
Ambronay

LOUIS THÉODORE GOUVY
Symphonie n° 4, Symphonie brève, Fantaisie symphonique
Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken
Jacques Mercier
CPO

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