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JEAN-BAPTISTE LULLY
Roland


Nicolas Testé (Roland); Anna-Maria Panzarella (Angélique); Olivier Dumait (Médor); Monique Zanetti (Témire, Bélise); Robert Getchell (Astolfe); Salomé Haller (La Fée principale; Logistille); Evgueniy Alexiev (Ziliante; Demogorgon; Un suivant d'Angélique); Emiliano Gonzalez Toro (Un insulaire; Tersandre); Anders J. Dahlin (Un insulaire; Un suivant d'Angélique; Coridon; Un pâtre)

Choeur de l'Opéra de Lausanne; Les Talens Lyriques

Christophe Rousset

Ambroisie- 3 CD 9949(CD)
Référence: Aucun

rating

Dans la redécouverte des opéras de Lully au disque, il aurait été injuste d'ignorer plus longtemps Roland. Créée à Versailles le 8 janvier 1685, un an avant la sublime Armide (gravée par Philippe Herreweghe chez Harmonia Mundi) et deux ans avant la disparition du musicien, cette tragédie lyrique en un prologue et cinq actes nous montre en effet un Lully au zénith de son inspiration. Tirant comme toujours le meilleur parti du livret échafaudé par l'irremplaçable Quinault à partir du Roland furieux de l'Arioste, le compositeur livre une partition d'une richesse et d'une variété confondantes. Même sans le secours de la scène, l'intérêt ne retombe jamais, ce qui, à notre sens, n'était pas toujours le cas dans le légendaire Atys enregistré par William Christie il y a près de vingt ans (Harmonia Mundi).

On connaît les affinités de Christophe Rousset avec l'univers de Lully, notamment depuis sa superbe intégrale de Persée (Naïve). Dans ce Roland enregistré autour d'une série de représentations à l'Opéra de Lausanne en janvier 2004, sa direction vive, élégante et nerveuse fait en permanence avancer l'action, y compris dans les moments où elle tend à se ralentir. Peut-être est-ce là d'ailleurs le seul reproche que l'on pourrait lui adresser : on aimerait davantage d'abandon et de souplesse dans les épanchements amoureux, plus particulièrement ceux d'Angélique et de Médor à l'acte III, quand la reine de Cathay s'apprête à fuir avec son amant en laissant derrière elle l'infortuné Roland (le héros, heureusement, se ressaisira à temps pour aller bouter les hérétiques hors du royaume de Charlemagne). Mais c'est là un détail et, sur l'ensemble, nous ne pouvons qu'admirer la pertinence et le sens de l'équilibre sonore de la direction de Rousset, admirablement secondé par des Talens Lyriques en très grande forme et un chœur de l'Opéra de Lausanne sans faille.

La distribution, quant à elle, est proche de l'idéal, avec une qualité de diction devenue trop rare pour ne pas être saluée, surtout dans un opéra où le texte joue un rôle aussi essentiel. On pourrait certes souhaiter un peu plus de poids dans l'émission et de noblesse dans l'accent à l'Angélique d'Anna-Maria Panzarella, mais cela ne détruit en rien l'impact de son incarnation. De même, on peut rêver Témire moins suivante de comédie que Monique Zanetti, sans pour autant passer sous silence ses indéniables mérites vocaux. Côté féminin, toutes deux laissent en tout cas la vedette à une troisième soprano, l'époustouflante Salomé Haller, dans le double rôle de la Fée principale (dans le prologue) et de Logistille (à l'acte V).

Le plateau masculin est dominé par le superbe Roland de la basse Nicolas Testé. Le héros a beau n'arriver qu'au deuxième acte, il écrase les débats de son autorité et de sa vigueur, en particulier dans la magnifique scène de folie de l'acte IV. Une autre basse, Evgueniy Alexiev, fait également grosse impression dans le triple emploi de Ziliante, Démogorgon et un suivant d'Angélique. Le timbre est beau, l'émission saine, la présence réelle, laissant augurer un bel avenir. Un tout petit peu monotone dans l'expression, le ténor Olivier Dumait impose un chant d'une poésie et d'un raffinement extrêmes en Médor. Remarquable également, le ténor Emiliano Gonzalez Toro dans les personnages de Tersandre et un insulaire.

Au diable les réserves donc ! Elles sont de toute manière minimes et, s'agissant d'une première mondiale de cette importance, nous n'hésitons pas à accorder la note maximale à ce disque, par ailleurs bien enregistré, bien présenté, et accompagné d'un fort intéressant texte de présentation de Jean Duron.

--Richard Martet

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