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DMITRI CHOSTAKOVITCH
Symphonies n° 5 et 9


Orchestre National de Russie

Yakov Kreisberg

PentaTone- PTC 5186 096(SACD)
Référence: Svetlanov (Canyon); Sanderling (Berlin Classics)

rating

Je n'oublierai jamais la fin de la 5e Symphonie de Chostakovitch de Kreisberg, tout comme je ne pourrai effacer de ma mémoire la coda de la 4e Symphonie de Bruckner par Celibidache. C'est en l'occurrence quelque chose d'à la fois unique et évident, un moment où de la subdivision du temps naît une sensation d'étouffement, de bouleversement de la marche normale des choses.

La fin de la 5e Symphonie de Chostakovitch est de toutes manières une énigme, les interprètes ayant grosso modo le choix d'un tempo allant du simple au double. Option rapide: une cavalcade pseudo-triomphale en majeur, d'un pompiérisme revendiqué et cynique. L'option lente tourne le dos ouvertement au triomphalisme de façade. Sans ambiguïté, c'est l'écrasement de l'individu par le système oppresseur.

Alors que la grande mode (cf. Gergiev et Cie) est à la dédramatisation, la décontextualisation politique, Kreisberg montre que la voie royale de l'interprétation de ce compositeur est celle de la musique comme véhicule d'une révolte. La vision la plus proche de cette grande Cinquième est celle de Kurt Sanderling et le mot d'ordre de toute l'interprétation est celui de "poids". Tout ce que fait Kreisberg est appuyé, poussé, anguleux jusqu'à la caricature.

L'approche, que ce soit dans le climax du 1er mouvement, la scansion du second ou cette incroyable coda, vise à montrer l'écrasement de l'individu, auquel, sans la moindre condescendance mielleuse, ne reste plus que le Largo pour pleurer. Kreisberg en fait un mouvement très profond, organique et dense, mais sans aucun "geste" orchestral, notamment dans le climax, suivi d'un superbe moment de cordes à nu sans vibrato.

La prise de son met deux ou trois minutes à convaincre: elle a des couleurs automnales, dans un espace assez large, avec des cuivres très présents. Dans le 3e mouvement on voit bien qu'elle est spatialement très cohérente. On peut aimer un son plus analytique, et plus d'harmoniques dans les aigus, mais on "entre" très facilement dans cette esthétique.

Après un tel moment on avait un peu peur de voir la 9e Symphonie évoluer un sérieux cran en-dessous. Oh que non! Est-ce l'émulation créée par le disque impérial de Vladimir Jurowski dans la même collection (Symphonies n° 1 et 6) ? Le fait est que Yakov Kreisberg nous donne une alternative idéale au miracle signé Zdenek Kosler (Praga). Alors que Kosler était aiguisé et narquois, Kreisberg parvient à allier transparence et puissance. Il reste dans la ligne esthétique (sur le plan sonore) de la Cinquième, mais manie la "grosse machine" avec une réactivité étonnante (notamment dans un Finale aux rapports de tempos délirants) dans une vision grinçante et sardonique.

Un maître disque. De très loin le meilleur CD symphonique de Kreisberg, si l’on excepte son accompagnement du Concerto de Tchaïkovski par Julia Fischer.

--Christophe Huss

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