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ALBERT ROUSSEL
Symphonie n° 3; Bacchus et Ariane (Suites n° 1 et 2)


Royal Scottish National Orchestra

Stéphane Denève

Naxos- (CD)
Référence: ce disque-ci

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Comment commenter ce disque sans se noyer dans les superlatifs et les comparaisons? Mais quand même, comment ne pas évoquer la fougue de Munch, la clarté de Paray et la classe de Martinon, réunis dans un ensemble fusionnel, pour le plus beau disque de musique symphonique française depuis des lustres?

Il y a source d'espoir, en cas de succès commercial de l'entreprise, de connaître bien d'autres bonheurs. Car le catalogue Naxos ne brille pas particulièrement dans le domaine de la musique française, même dans les "tubes" du répertoire. Le label se sentirait fort aise de pouvoir afficher une Mer ou une Fantastique de ce calibre.

L'ingrédient magique de Stéphane Denève dans ce répertoire est l'alliance de fougue (avec la frénésie si rousselienne, dont Eschenbach, dans l'entreprise concurrente, manque tant) et de souplesse. On peut être puissant et crispé – Munch lui-même le fut parfois. C’est beaucoup plus délicat d'habiter ainsi l'Adagio de la 3e Symphonie ou des passages tels que "Bacchus dépose Ariane sur le rocher" ET de "rentrer dans le tas" dans l'Allegro con spirito final de la symphonie.

C’est cela le miracle de ce disque: la tension tissée comme une toile d'araignée (écoutez le Sommeil d'Ariane, qui entame la 2e Suite) pour déboucher ensuite sur des explosions démiurgiques. Mais même à ce niveau il faut différencier l'explosion contenue, et la vraie bacchanale, à la manière de Svetlanov dans le Poème de l'extase de Scriabine. Stéphane Denève nous donne la bacchanale, et ça n'a pas de prix.

Avec une agogique idéalement souple (écoutez la succession Réveil d'Ariane - Danse avec Bacchus - Bacchus danse seul), Denève nous dévoile le nectar de l'écriture rousselienne, sa fougue, son avancée, ses arêtes, bref tant de choses qui vont au-delà de la simple vigueur. Dans la 3e Symphonie, aiguisée dans le moindre détail, d'une acuité rythmique parfaite, Denève rejoint, voire dépasse Bernstein (DG). Dans Bacchus, je n'ai jamais entendu mieux, Munch compris, puisque les plus grandes fulgurances de Munch – celles en concert – allaient de pair avec un débraillé sonore que l'on cherche en vain dans ce joyau miraculeux.

--Christophe Huss

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