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HECTOR BERLIOZ
Nuits d'été
MAURICE RAVEL
Shéhérazade; Cinq Mélodies populaires grecques

Bernarda Fink (mezzo)

Deutsches Symphonie-Orchester Berlin

Kent Nagano

Harmonia Mundi- HMC 901932(CD)
Référence: Crespin-Ansermet (Decca)

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Esprits fin et amateurs de subtilités accourez! Plus encore que les Nuits d'été de Berlioz, Shéhérazade de Ravel pose un problème esthétique majeur: comment doser la "francitude", l'éloquence et la préciosité? En misant trop nettement sur ce dernier ressort, Anne Sofie von Otter (accompagnée pourtant du rigoureux Pierre Boulez) s'est complètement fourvoyée.

On ne les compte d'ailleurs même plus ces chanteuses qui exsudent vocalement leur "asiiiihhhhheeeeuuuu" comme des ânesses tendant leur cou en émettant un râle bronchique, espérant attraper un jour une carotte au bout d'un hypothétique bâton. D'un autre côté, il y a un avantage à en faire de tonne: cela fait "interprète". Pis encore, on a tellement entendu ce "bullshit expressif" qu'on a fini par croire que c'était la norme!

Que ce soit dans l'oeuvre de Berlioz ou celle de Ravel, outre les aspects vocaux – et la voix de Bernarda Fink est aux sommets de son épanouissement, avec des aigus clairs, des graves nourris, des tenues riches et point trop vibrée – le défi interprétatif tient en un mot: "expressivité".

Est-ce voulu? Je trouve que La Grande Odalisque d'Ingres, qui orne la couverture, dit tout sur ce disque. Dit tout aussi sur ce que devrait être une version moderne qui puisse proposer un contrepoint à Crespin-Ansermet. On y voit d'abord une pose, jamais raide, mais avec des sinuosités harmonieuses. Ensuite une attitude de proche observateur, avec juste la distance qu'il faut. Cette distanciation – mais qui "reste dans le cadre" – est exactement ce que prônent Fink et Nagano par rapport aux œuvres. Les Nuits d'été et Shéhérazade ont ici cette subtilité, qui ne nécessite pas d'aller au charbon comme quand on chante Salomé de Richard Strauss. Ensuite il y a les proportions, une sorte d'idéal, avec comme un parfum de Grèce antique. Tiens, la Grèce, qui apparaît dès le début du programme.

Ce que font ici Bernarda Fink et Kent Nagano est la chose la plus difficile qui soit: ils défendent l'art de la retenue, l'art de la subtilité, l'art d'une beauté qu'on ne peut toucher. C'est aussi la chose la moins gratifiante que l'on puisse imaginer: prendre le risque d'apparaître un peu désincarné, alors qu'on est tout simplement juste.

C'est ça la vraie modestie et grandeur de l'artiste.

--Christophe Huss

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