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EINOJUHANNI RAUTAVAARA
Manhattan Trilogy; Symphonie n° 3


Orchestre philharmonique d'Helsinki

Leif Segerstam

Ondine- ODE 1090-5(SACD)
Référence: ce disque

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Ce disque couple une oeuvre de 2004 (la Manhattan Trilogy, qui n'a rien à voir avec le 11-septembre) et une symphonie de 1961.

On notera au passage la "classe" de Rautavaara. Il aurait été facile pour lui de faire pleurer dans les chaumières sur les ruines du World Trade Center et même, par là, attirer l'attention sur lui. Pas du tout. S'il évoque Manhattan, c'est le Manhattan de sa jeunesse d'étudiant à Juilliard. Le premier mouvement de cette suite de vingt minutes, Daydreams, est une sorte de rêve éveillé qui émerge des brumes. Dans Nightmares, ce sont surtout des menaces qui viennent frapper le flot musical, sans jamais l'obscurcir. On ne peut que saluer la grande finesse du choix de l'illustration de couverture, qui s'accorde très bien à cette œuvre (dont le 3e volet relate l'éveil de la personnalité). On y voit un immeuble, pas trop haut ni trop massif, suggéré dans une brume violacée. C'est très en phase avec l'aspect suggestif, légèrement "impressionniste" de cette belle musique contemporaine.

Mais la grande redécouverte de cette parution est la 3e Symphonie (j'allais écrire "de Bruckner", dans mon élan...) de 1961. Il s'agit d'un double hommage à Bruckner et à Schoenberg, en une sidérante synthèse qui porte déjà la marque du génie. Rautavaara y cherche à associer la technique dodécaphonie et l'expressivité. Dans le 1er mouvement se glissent aussi des ombres (volontaires ou non) de 5e Symphonie de Nielsen, mais qui sont aussi ces oiseaux qui imprégnaient l'univers de Rautavaara à ses débuts.

Le matériau "restructuré" est la 4e Symphonie de Bruckner, mais sans que l'opération soit un "gimmick". Il y a là dedans une vraie recherche de la part d'un jeune compositeur (31 ans) qui venait d'étudier le dodécaphonisme et s'était plongé, parallèlement, dans Bruckner.

Le mieux ici est de donner la parole à Rautavaara lui-même, qui explique sa démarche: "L'auditeur ne remarque peut-être pas que l'œuvre a été composée en utilisant la technique dodécaphonique, car avec cette technique je n'ai pas recherché un chromatisme total ni l'atonalité. Le vocabulaire musical du siècle était dans les douze notes de la gamme chromatique du système tempéré. Il ne s'agit que de la structure musicale, de la syntaxe du vocabulaire. La série de notes, dans la 3e Symphonie, est le matériau d'intervalles. L'harmonie en est également dérivée, mais elle est en général tonale et favorise les accords parfaits. La respiration de la musique des quatre mouvements avance avec des lignes brucknériennes solennelles - comme le rythme de la terre et de la mer."

Pour une fois qu'un compositeur contemporain dit clairement ce qu'il fait, qu'il fait ce qu'il dit et que tout un chacun peut en entendre et comprendre les aboutissants, on ne va pas en rajouter... L'orchestre et le chef font preuve d'un engagement viscéral en faveur de cette musique qui le mérite.

--Christophe Huss

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