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JOHANN SEBASTIAN BACH
Les Sonates et Partitas pour violon seul

Ilya Kaler (violon)



Naxos- 2 CD 8.570 277-78(CD)
Référence: Milstein (EMI et DG); Grumiaux (Philips); Kremer (ECM); Ehnes (Analekta)

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Ilya Kaler, qui n'a jamais démérité dans ses enregistrements Naxos, s'est vu offrir par son éditeur le cadeau suprême: l'enregistrement des Sonates et Partitas de Bach. Et force est de constater que cet élève de Tretiakov et Kogan, vainqueur des Prix Paganini (1981), Sibelius (1985) et Tchaïkovski (1986) doit être content à la fois de cet honneur et d'avoir attendu son heure.

Après ses succès en coucours, Kaler n'a pas cherché une gloire en soliste: il a quitté la Russie pour glaner des postes de Konzertmeister dans des orchestres américains; successivement Rochester, San Francisco et Philadelphie! Il a aussi développé une carrière dans l'enseignement: à Rochester, à l'Université d'Indiana (où enseigne, en piano, le Brésilien Arnaldo Cohen) et, maintenant, à Chicago. Je détaille tout cela (car les artistes Naxos n'ont souvent pas de visage) pour illustrer que même si l'on voit Kaler depuis quelques années enregistrer les divers tubes du répertoire (il est, chez Naxos, l'équivalent au violon de la violoncelliste Maria Kliegel... même s'il est encore meilleur!), on ne parle pas d'un "jeune lauréat surdoué" qui n'a encore rien à dire sur le plan musical.

Ces Sonates et Partitas enregistrées dans une acoustique d'église (et sans micro sous le nez du soliste) sont aussi parfaites que celles de James Ehnes. Elles n'apportent rien à la discographie au sens où elles n'apporteront rien à quiconque possède sa version Milstein, Szeryng ou Grumiaux (ou, version moderne, Ehnes), c'est-à-dire celles qui reposent sur la même approche apollinienne. Le mot d'ordre est simple à décrire: dans une acoustique généreuse, créer le son le plus nourri et soutenu possible, dans des tempos mesurés qui vont permettre à ce son de rayonner et s'épanouir idéalement dans une acoustique vaste. C'est en quelque sorte, si je voulais être un zeste méchant à l'égard d'une certaine violoniste en voge, "la version de Julia Fischer" mais avec l'incarnation résultant d'un vécu humain et une matière sonore plus dense. Pour utiliser une comparaison oenologique parlante, Ilya Kaler est un grand cru de Graves, là où l'admirable Fischer, si encensée, est un juste un excellent et élégant Côtes-du-Rhone.

Il n'y a strictement rien à dire où à reprocher ici. Kaler a mis quatre jours à enregistrer les Sonates et quatre autres jours, six mois plus tard, à graver les Partitas. Je ne sais pas comment il joue la chose en concert (alors que je sais que Rachel Barton-Pine peut vous enchaîner les six oeuvres en une soirée sans anicroches et en vous faisant pleurer), mais je sais que son double album est parfait jusque dans la moindre virgule et respiration.

Cette intégrale de l'honnête homme, qui ne remplace aucune autre et ne marche jamais sur les plates-bandes de ceux qui ont tenté de repenser ces oeuvres (Mullova, Kremer), est en tous cas un grand choix économique.

--Christophe Huss

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