Le compositeur Joseph Woelfl (1773-1812) est surtout connu à travers les enregistrements de ses Sonates pour piano enregistrées par Laure Colladant. Voici ses opus symphoniques. Évidemment la période dans laquelle Woelfl a vécu laisse augurer soit d'une influence haydnienne, soit d'une exposition à Mozart ou d'une illumination devant les premières révolutions beethovéniennes.On pense, vu de l'extérieur, à des accointances mozartiennes, d'autant que le plus "drôle" dans cette parution est de voir que les deux (seules apparemment) partitions symphoniques (1803 et 1808) de ce pianiste-compositeur portent les numéros d'opus 40 et 41 et se retrouvent être écrites dans les mêmes tonalités respectives que la 40e et la Jupiter de Mozart!
Mais l'écoute ne confirme pas le tropisme supposé pour Mozart. C'est Haydn qui se rappelle à nous en tant que figure tutélaire et rapproche le Woelfl symphoniste des symphonies de Muzio Clementi (enregistrées par Scimone pour Erato et d'Avalos pour ASV). On notera que si Woelfl n'est pas un symphoniste prolifique c'est qu'il a passé beaucoup de son temps de composition à écrire des opéras.
La dédicace à Cherubini (à entendre la chose, très bien ficelée, il la vaut bien...) de la Symphonie en sol mineur s'explique par la longue présence de Woelfl à Paris au tournant du XIXe siècle. Tous les conservateurs de l'époque ont dû adorer ce travail d'une maîtrise absolument remarquable, qui n'a pas la fulgurance opératique des symphonies de Kraus. J'ai d'ailleurs beaucoup plus d'affinités avec l'Opus 41 que je trouve plus dramatique et aventureux (dans de strictes limites toutefois), avec, aussi, notamment dans les 1er et 3e mouvements, ce qui manque à l'Opus 40, c'est-à-dire de l'esprit...
Si vous avez entamé une collections de symphonies rares de cette période (Witt, Beck et autres), le cossu orchestre sur instruments anciens moscovite, qui ne fait rien pour vous déchirer les oreilles et assure un confort et une exécution impeccables, vous offre de la continuer d'excellente manière.