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ARNOLD SCHOENBERG
Concerto pour violon et orchestre op. 36 (1934-1936)
JEAN SIBELIUS
Concerto pour violon op. 47 (1905)

Hilary Hahn (violon)

Orchestre symphonique de la Radio suédoise

Esa-Pekka Salonen

Deutsche Grammophon- 4777346(CD)
Référence: ce disque dans ce couplage

rating

Cette artiste a vraiment quelque chose de particulier et j'ai beau faire le tour des violonistes actuels, je n'en trouve pas ayant autant de "chien" et de culot. Je m'étais gaussé (avant d'avoir entendu le disque en question) de la voir entrer dans le circuit discographique à 16 ans avec un récital Bach - chez Sony à l'époque. Je m'en repends aujourd'hui. En fait, le disque (on l'avait noté tout de suite) était non seulement exceptionnel, mais il disait tout du cran de cette jeune fille.

Chez DG, Hilary Hahn tente d'imposer à présent des couplages inattendus. Après Paganini et Spohr, voici Schoenberg et Sibelius. Qui supporte de voir se côtoyer ces deux concertos la suivra… Même si vous pensez avoir tout entendu dans Sibelius, écoutez celui-ci: écoutez l'intensité de l'archet, écoutez surtout comment Hilary Hahn crée une sorte d'"addiction acoustique" en tenant les notes sur toute leur durée. Il est là le secret d'Hilary Hahn, qui la différencie de 95% des autres violonistes: ne pas seulement "jouer" la note, mais l'habiter et la faire durer le temps de son exacte valeur. Christian Ferras, immense interprète du Concerto de Sibelius, ne faisait pas autrement, et c'est ce qui explique cette incandescence patient d'un Adagio di molto d'anthologie.

Dans le Finale, on espérait le plus beau, puisque Salonen, avec Lin, était le plus inspiré, le plus translucide dans la partie orchestrale. On le retrouve exactement là où on l'attendait, avec notamment un relief de la partie de timbales, qui ne disparaît jamais (elle était encore plus nette et sèche dans l'enregistrement précédent). L'interaction violon-orchestre est légèrement obstruée par une captation qui place le violon assez en avant, mais l'articulation de Salonen est telle que l'on perçoit tout ce qu'il faut (cuivres bouchés un peu faibles toutefois). On notera que, dans ce Finale, Hilary Hahn ne "joue pas à la violoniste", avec de grandes envolées et des "gestes interprétatifs": le rouleau compresseur continue imperturbablement jusqu'à l'enivrement. Ce n'est assurément pas aguicheur, mais depuis Ferras et Oïstrakh, personne n'avait osé cette densité-là.

Suivre le Schoenberg avec la partition est un pur bonheur: on y voit comment des interprètes peuvent transcender une oeuvre, en regardant au-delà d'un système de composition pour en débusquer l'expressivité. Pour ce faire Hahn et Salonen créent un mouvement à l'intérieur des différents volets en accélérant le tempo d'un cran. De cet élan naît une cinétique, une sorte d'aspiration, impossible à traduire lors d'une simple décortication dodécaphonique.

On associe souvent à cette musique la minutie de l'illustration. Hahn et Salonen font le pari de la viscéralité de l'incarnation... et le gagnent haut la main. Rendu à tout juste moins de trente minutes, le concerto de Schoenberg (supposé rébarbatif, par opposition à la sensualité de celui de Berg) bénéficie de cet élan pour devenir plus musical, avec un entrelacs de phrases et d'atmosphères, particulièrement efficace dans le 2e mouvement, un "grazioso" orchestré souvent plus légèrement. On notera que le preneur du son a eu la bonne idée de rendre l'orchestre plus présent, ce qui est absolument nécessaire par la nature des interventions solistes des bois. La respiration que Salonen parvient à inculquer à l'orchestre dans le 3e mouvement (dialogue entre les pupitres, manière de jeter une phrase ou une section dans ce qui précède) est aussi géniale que le travail de Paavo Järvi sur Beethoven.

Un disque immense.

--Christophe Huss

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