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GUSTAV MAHLER
Symphonies n° 1 à 9; Adagio de la Symphonie n° 10

Juliane Banse; Christina Boesinger; Alessandra Marc; Christine Whittlesey et Margaret Jane Wray (sopranos); Cornelia Kallisch (mezzo); Eugenie Grunewald et Dagmar Peckova (contralto); Glenn Winslade (ténor); Anthony Michaels-Moore (baryton); Peter Lika (basse)

EuropaChor Akademie; Freiburger Domsingknaben; Aurelius-Sängerknaben Calw; Orchestre symphonique du SWR de Baden-Baden et Fribourg

Michael Gielen

Hänssler Classic- 13 CD 93.130(CD)
Référence: Bernstein (DG et Sony); Kubelik (DG)

rating

Voici mise en boîte une très grande intégrale des symphonies de Mahler. Elle comporte deux nouveautés substantielles: les 5e et 9e Symphonies. En effet, contrairement à la 4e, la 7e et l'Adagio de la 10e, Haenssler et Gielen n'ont pas récupéré l'ancienne version, parue chez Intercord, de la 9e Symphonie et lui ont préféré une captation réalisée fin juin/début juillet 2003 à Fribourg. Excellent choix, tant cette nouvelle Neuvième, crue, sardonique, désespérée, apparaît comme l'un des phares de l'intégrale.

Deux informations d'emblée: que ceux qui ont acquis cette intégrale au fur et à mensure ne se désolent pas : les CD isolés de la 5e et de la 9e paraîtront à l'automne. D'autre part, il faut savoir que les compléments des disques séparés, consacrés à d'autres compositeurs, ont été enlevé de la boîte. Chacun jugera donc, en fonction de ce qu'il possède déjà, de l'intérêt de se précipiter sur ce joyau ou d'attendre la parution isolée des deux symphonies manquantes.

Puisque cette question se pose, voyons ce qu'il en est des 5e et 9e. La Neuvième reprend les préceptes de l'ancienne version de Gielen, mais en creusant davantage la caractérisation sonore. À elle seule, la mise en relief du glockenspiel dans le 3e mouvement témoigne de cette réflexion sur les timbres et, comme Boulez, Gielen, dans les mouvements médians, met en lumière tous les frottements, les grincements et les dissonances. Les volets extrêmes sont admirables de pudeur et d'éloquence par le simple jeu des nuances, sans aucune affectation ou exagération. C'est une grande version de la Neuvième, comme celle de Sanderling par exemple. La 5e Symphonie aussi est très bien tenue, mordante, avec un Adagietto idéal (8'30), mais un cran en dessous de l'ivresse sonore de Chailly ou de la causticité de Neumann (Berlin Classics).

Ceci nous amène à la notation de l'ensemble. La récompense 10/10 dans le cas d'un massif symphonique tel que celui des Symphonies de Mahler ne signifie pas que chaque symphonie prise isolément est "la référence". Il s'agit de noter un coffret et, en tant que coffret, l'intégrale Gielen me semble la plus consistante à très haut niveau. Si l'on peut composer "l'intégrale parfaite" à partir des deux (ou trois, si l'on inclut les vidéos) sommes laissées de Bernstein, on ne saurait dire que l'intégrale gravée pour CBS/Sony, qui ne creuse pas tout, s'impose absolument, tout comme on n'oserait prétendre que l'extraordinaire coffret DG, qui souffre parfois d'excès de maniérismes (2e Symphonie notamment) ôte toute chance à la concurrence. Parmi les intégrales qui sont en train de se constituer (Chailly, Boulez, Rattle, Tilson Thomas, Levi, Zander) aucune n'est également réussie. C'est flagrant pour Boulez et Rattle, mais même Chailly, qui, dans son ensemble, s'il reproduit dans la 9e le miracle de la 3e et de la 5e, risque lui aussi d'être distingué pour le coffret, n'est pas globalement au "top niveau" tout le temps. Cela remet d'ailleurs en perspective et en course l'intégrale Kubelik, toujours fortement sous-estimée à mon avis.

Alors Gielen dans tout ça? Fulgurant et référentiel dans la 1re et la 3e; impérial dans la 8e et la 9e; courageux dans la 2e pour imposer une vision hors-normes, tout sauf spectaculaire, où tout tend vers la révélation des 8 dernières minutes. Furieusement expressioniste et dérangeant dans la 7e et l'Adagio de la 10e, il est habile et juste dans la 5e. Reste deux points d'ombre: une 6e, curieusement neutre par rapport à la 7e et qui manque d'arêtes (surtout dans les eux premiers mouvements), et la 4e, dont les contrastes ne sont pas assez creusés. Mais, dans l'ensemble donc, le parcours est juste, intraitable, avec une humanité malgré l'intransigeance musicale du chef, dimension qui fait défaut à Boulez, un musicien de la même obédience. Il faut enfin signaler la performance remarquable de l'Orchestre du SWR de Baden-Baden qui bénéficie d'évidence du travail de fond réalisé par la trilogie majeure de ses chefs successifs Hans Rosbaud, Ernest Bour et Michael Gielen.

Grâce à Haenssler l'un des rares chefs essentiels de notre temps a trouvé voie au chapitre. Merci, et souhaitons un succès et reconnaissance à cette intégrale majeure et à cet acte éditorial courageux.

--Christophe Huss

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