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LUDWIG VAN BEETHOVEN
Symphonies n° 2 et 7


Minnesota Orchestra

Osmo Vänskä

BIS- BIS SACD 1816(SACD)
Référence: Paavo Järvi (RCA) et Ivan Fischer (Channel) - 7e-; Barenboïm (Warner: 2e)

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Avec le dernier volume de son intégrale, Osmo Vänskä confirme qu'il vient de réaliser la somme beethovénienne la plus accomplie depuis l'intégrale Barenboïm-Staatskapelle Berlin (Warner).

Menée parallèlement (mais avec deux ans d'avance) à l'intégrale Paavo Järvi, celle d'Osmo Vänskä possède le même niveau d'excellence et de "vision", mais sur un plan totalement différent. Alors que Järvi "opère en férocité", comme disait Audiard, Vänskä impressionne par une implacable tenue, une force tellurique. Le niveau de lisibilité est le même, mais la nature de cette lisibilité est différente. Chez Järvi, le principe est de souligner (par une accentuation) chaque événement musical inédit. Il met à profit pour cela l'incroyable flexibilité et énergie de la Deutsche Kammerphilharmonie. Vänskä se situe dans une optique symphonique très traditionnelle dans ses couleurs et ses volumes, mais avec, là aussi, une vraie relecture, qui décape véritablement les symphonies.

Les Symphonies n° 4, 5, 6 et 9 ont été jusqu'ici les sommets de cette approche. Les Symphonies n° 2 et 7 se rangent au même niveau. Je dois dire que je ne me souviens guère d'interprétations m'ayant donné à ce point la chair de poule dans le Finale de la Septième. Et pourtant Vänskä fait tout le contraire de ce qui peut faire de l'effet. Très majoritairement (Kleiber, Karajan, Gielen, Järvi) les interprétation "épidermiques" jouent sur une ivresse du tempo, comme d'une fuite en avant. Ici tout est incroyablement tenu et c'est de cette implacablilité (notes prolongées sur toute leur longueur, discipline absolue, hyper-articulation) que naît la puissance.

La caractéristique majeure de ces deux interprétations est simple à mettre en lumière: un éclairage suprême est apporté aux parties de cordes, traitées avec une importance égale. Les altos notamment gagnent un relief inhabituel et la circulation musicale entre les pupitres de cordes est littéralement sidérante. Vänskä renouvelle ainsi le miracle réussi par Ivan Fischer dans le 2e mouvement de la Septième, avec un éclairage d'une radicale logique, reposant sur la ponctuation rythmique implacable et lancinante.

Par ailleurs, le corpus des cordes "non violonistiques" prend un poids unique dans la discographie (dans la 7e cela fait penser à Toscanini New York, mais on entend évidemment plus de choses). C'est de ce raz-de-marée des soubassements de l'orchestre que naît aussi l'excitation communiquée à l'auditeur: écoutez les ultimes instants des mouvements I et IV de la 7e Symphonie; on a l'impression que cette musique s'extrait des entrailles de la terre.

La noble limpidité est aussi de mise dans la Seconde. Vänskä fait aussi bien que les plus grands, Blomstedt (mais les couleurs de Dresde sont inimitables) et Colin Davis, par exemple. Mais il y a un côté détendu dans les échanges de bois véritablement unique chez Barenboïm que Vänskä, plus mordant, ne retrouve pas tout à fait. On est là dans l'infinitésimal aux sommets de la discographie beethovéniennes. Chapeau bas!

--Christophe Huss

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