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ANTONIN DVORÁK
Mélodies: Chants d'amour op. 83; Chants tziganes op. 55; Chants du manuscrit de Dvur Kralove; Deux mélodies op. 2 extraites de Cyprès; 3 Mélodies op. 82; 3 Mélodies d'après Elisha Krasnohorska; Dans un ton populaire op. 73

Bernarda Fink (mezzo); Roger Vignoles (piano)



Harmonia Mundi- HMC 901824(CD)
Référence: ce disque-ci

rating

Voici un apport majeur à l'année Dvořák, décidément la plus fructueuse sur le plan discographique parmi toutes les commémorations depuis le bicentenaire Mozart en 1991. Le choix de mélodies de Dvořák au disque n'est pas extensible. On trouve cinq mélodies et le cycle des Chants d'amour dans le récital "Love songs" de Magdalena Kozena, un récital complet de Milada Cechalova (et du ténor Stanislav Predota) chez Matous, mais sans les deux cycles important que sont les Chants d'amour et les Chants tziganes, enregistrés (partiellement en ce qui concerne les Chants d'amour) par Gabriela Benackova et Rudolf Firkusny chez RCA. Evidemment il faut ajouter les deux cycles majeurs de Chants bibliques (Soukupova-Moravec chez Supraphon; Langridge-Kvapil chez Unicorn) qui ne sont pas des points de comparaison ici. A découvrir la constante beauté de ce qu'on entend dans ce disque on se dit qu'il y avait largement matière, au sein du catalogue Dvořák, pour une parution de ce type.

Bernarda Fink connaît enfin depuis quelques années le succès mérité après vingt ans de carrière. Je me souviens, ému, de ses premiers concerts à Paris, au milieu des années 80 (sans doute 1986-1987) quand elle était soliste d'oratorios et de messes dirigées par Michel Corboz à l'Orchestre Colonne. La voix était déjà superlative. Elle n'a fait qu'embellir. Ce qui est admirable, si l'on compare par exemple à ce que fait Benackova, c'est cette simple émotion qui naît d'une grande finesse d'esprit et d'un soutien admirable de la ligne de chant. Benackova cherche à émouvoir ou à surprendre par telle ou telle couleur vocale, subtilement dosée, alors que chez Fink rien n'entrave le cours de la musique ou la pureté de l'émotion. À ceux qui pensaient que Magdalena Kozena avait atteint des sommets, Bernarda Fink montre que l'on pouvait viser encore plus haut, avec plus de subtilité. Ecoutez par exemple la 7e mélodie du cycle des Chants d'Amour, dans laquelle Kozena fait assaut de beau chant, alors que Fink nous livre comme une petite scène théâtrale intimiste.

Cet état de grâce perdure durant tout le disque magnifiquement agencé et s'achevant en majesté sur les Chants tziganes. Partout l'infini tact, le charme irradiant, la maîtrise de la projection vocale et de la ligne de chant sont des modèles absolus, faisant de ce disque non seulement une parution dvorakienne majeure, mais aussi l'un des grands disques de lieder de l'année. J'espère pour tous les familiers de la langue tchèque que le "coaching" linguistique de la chanteuse, que je ne suis hélas pas apte à juger, a été de meilleur niveau que certaines traductions et adaptations. Ainsi le cycle opus 73, Dans le ton populaire (ou Dans un esprit populaire), n'est certainement pas traduisible par "Dans le ton national".

--Christophe Huss

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