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WOLFGANG AMADEUS MOZART
Concertos pour piano n° 19 (K. 459) et 20 (K. 466)

Christian Zacharias (piano et direction)

Orchestre de chambre de Lausanne


MDG- MDG 940 1529-2(SACD)
Référence: Moravec (K. 466); ce disque dans ce couplage

rating

Cela ne prend pas longtemps avant qu'on comprenne: l'écoute des dialogues instrumentaux au sein de l'orchestre dans l'introduction du Concerto en fa majeur (K. 459) dit tout du travail scrupuleux réalisé ici en termes de respiration commune et d'écoute mutuelle.

Une fois chassé l'agacement face à cette manie germanique de ne conserver que les numéros Köchel pour désigner les concertos pour piano de Mozart (oui, le K. 459 est le 19e Concerto et le K. 466 le fameux 20e), le mélomane peut s'adonner à l'écoute et se rendre compte que lorsque le piano entre en scène, il fait très étroitement partie de ce dialogue apaisé.

Un élément majeur de l'interprétation de Zacharias est le juste ambitus dynamique et expressif dans lequel s'inscrivent les oeuvres de Mozart. Chez Zacharias, cet ambitus reste modéré: ni pianissimos infinitésimaux, ni fortissimos virulents. On est dans un salon du XIXe siècle et aucun artiste n'est là pour balancer des "coups de poings sonores" à la face de la noblesse argentée.

Du coup, l'art interprétatif devient un art de la dentelle: telle attaque très fine, tel toucher qui ombre délicatement une phrase et, surtout, une respiration naturelle. Tous complices! C'est un état de "communauté musicale" que Zacharias peut atteindre ici avec son propre orchestre et qui eut été impossible en tant que pianiste soliste associé à un orchestre symphonique, fut-il confié à un grand chef (Marriner et Zinman dans le cadre de sa première intégrale). Par rapport à cette première intégrale, on observe un développement de l'aspect chambriste des choses.

Le piano lui-aussi a été réglé pour ne pas "déborder" en volume et en éclat. Mais dans cette esthétique sonore, Zacharias est plus vivant, plus spontané que Brendel, même dans les derniers enregistrements de ce dernier. Chose admirable: l'orchestre adopte le même comportement nuancé que le soliste: les premières mesures du Concerto en ré mineur sont sublimes. Dans cette partition, justement, l'ambitus grandit: mode mineur et tragique oblige.

Point original (au sens de "pas comme les autres") de ce disque: la fluidité de la Romance du 20e Concerto, très chantante (au sens opératique), dans un tempo nettement plus allant que la chopinienne "rêverie suspendue" que l'on entend en général. Pour accentuer cette dimension vocalisante, Zacharias ornemente le discours avec légèreté et subtilité. L'effet principal est que le dramatique épisode central s'inscrit dans la coulée rythmique et non en rupture: la seule cassure y est tonale (sol mineur) et climatique, mais il n'y a pas d'effet "agitato". C'est une lecture judicieuse qui va dans le sens de la partition. Par bonheur aussi, Zacharias nous ressert sa fantastique cadence "Don Giovanni" dans le Finale; c'est aussi lumineux que saisissant.

Il n'y a évidemment pas de version "de référence" qui éclipserait toutes les autres sur un terrain aussi investi par des grands interprètes, mais il y a là un esprit de finesse, un accomplissement, une intégrité et homogénéité dans la vision pianiste-chef qui font que je retournerai à cet enregistrement comme je retourne aux deux disques de Moravec-Marriner ou à ceux de Barenboïm. Zacharias a une manière de "respirer Mozart" qui transcende le piano, l'orchestre, l'interprétation pour s'imposer comme une évidence.

--Christophe Huss

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