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PIOTR ILYICH TCHAÏKOVSKI
Symphonie n° 4
CAMILLE SAINT-SAËNS
Concerto pour piano n° 4

Robert Casadesus (piano)

Orchestre symphonique du RIAS de Berlin

Eugene Ormandy

Audite- audite 95.589(CD)
Référence: Mravinski (DG); Svetlanov (Canyon)

rating

On n'avait sans doute pas déjà assez de disques d'Ormandy qui a, grosso modo, enregistré trois fois le grand répertoire: une fois pour Columbia en mono, une fois pour CBS-Columbia en stéréo et, quand tout était fait, une nouvelle fois (dans les années 70) pour RCA. Ormandy est mort lorsqu'il commençait un quatrième tour de table, chez EMI...

Ces enregistrements de concerts datent de 1954 pour Tchaïkovski et de 1952 pour le concerto. Sur le plan technique, on a noté 6 ces enregistrements monophoniques notamment parce que la 4e de Tchaïkovski est une grande mono: claire, juste et dynamique, un bijou dont on aurait aimé voir profiter Wilhelm Furtwängler, dont seule la 9e de Beethoven à Lucerne se rapproche de cette qualité sonore.

Le disque est facile à commenter mais impossible à noter. On peut en baisser la note ad libitum, ou presque, en considérant qu'Ormandy en demande tant à l'orchestre qu'il y a forcément des dérapages et des problèmes d'intonation. Si on compare ce document par rapport aux témoignages de studio bien léchés, il est évident qu'on serait entre 4 et 6. Ceci posé, pour ceux qui cherchent de la musique et des émotions plutôt que de la perfection instrumentale (l'orchestre se défend comme un beau diable, même si les dérapages sont immanquables) cette Quatrième est comparable à celle de Van Beinum (coffret Radio hollandaise): des frissons, il y en a!

Au début on s'énerve un peu devant la pondération du tempo, mais Ormandy est ici dans une optique "créative" (pas autant que Stokowski dans la même oeuvre, mais pas banale) et lâche les gaz par la suite. Il y a un permanent côté "je retiens"/"je lâche" dans cette interprétation à fleur de peau, traçant clairement le portrait d'un auteur torturé. Mais la plupart des idées d'Ormandy font mouche sur le plan de la décharge d'adrénaline. C'est ainsi qu'il faut prendre la chose, comme une sorte de cavalcade musicale un peu folle. En tous cas, c'est passionnant (et la fin est digne de Svetlanov en concert)

Le 4e Concerto de Saint-Saëns réunit deux vieux complices, qui s'entendent pour mener l'œuvre comme une grande arche, d'un début mystérieux à un irrésistible Finale. L'entente est parfaite, le style sûr: on n'en attendait pas moins. La captation de 1952 est un peu plus glauque.

--Christophe Huss

Les 10/10 du mois

Un mois de nouveautés
Au crible aujourd'hui

WILLIAM WALTON
Symphonies n° 1 et 2
Orchestre National de Lille
Owain Arwel Hughes
BIS

ROBERT SCHUMANN
Les Quatre Symphonies
Royal Philharmonic Orchestra
Grzegorz Nowak
RPO

GUSTAV MAHLER
Des Knaben Wunderhorn
Christiane Oelze (soprano); Michael Volle (baryton)
Orchestre du Gürzenich de Cologne
Markus Stenz
Oehms Classics

JOHN ADAMS
City Noir (2009)
GUSTAV MAHLER
Symphonie n° 1 "Titan"
Orchestre philharmonique de Los Angeles
Gustavo Dudamel
Deutsche Grammophon

GUSTAV MAHLER
Lieder eines fahrenden Gesellen, Rückert-Lieder, Extraits de Des Knaben Wunderhorn
Thomas Hampson (baryton); Susan Graham (mezzo)
Orchestre symphonique de San Francisco
Michael Tilson Thomas
San Francisco Symphony

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