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CHRISTOPH WILLIBALD GLUCK Orphée et Eurydice
Richard Croft (Orphée); Mireille Delunsch (Eurydice); Marion Harousseau (L'Amour); Claire Delgado-Boge (Une Ombre heureuse)
Choeur des Musiciens du Louvre; Les Musiciens du Louvre-Grenoble
Marc Minkowski
Archiv- 2 CD 471 582-2(CD)
Référence: Simoneau/Rosbaud (Philips)
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On a peine à le croire: depuis quarante-huit ans, personne n'avait osé graver la version pour ténor d'Orphée et Eurydice, conçue par Gluck en 1774 à l'intention du public parisien à partir de son Orfeo ed Euridice viennois de 1762, créé par le castrat Guadagni. Pourquoi? On ne saurait incriminer la mauvaise volonté des maisons de disques: l'ouvrage a régulièrement retrouvé le chemin des studios d'enregistrement, souvent dans des éditions hybrides empruntant aussi bien aux versions de 1762 et 1774 qu'à la révision opérée par Berlioz en 1859 à l'intention de Pauline Viardot. Orfeo-Orphée était tantôt confié à une mezzo-soprano, tantôt à un baryton, tantôt à un contre-ténor, le choix de la langue se portant alternativement sur l'italien, l'allemand et le français. Comment expliquer alors ce frilosité à l'égard de la version pour ténor ?La réponse la plus couramment avancée tient à l'extrême difficulté du rôle-titre, taillé sur mesure pour Joseph Legros, ténor haute-contre à la française aussi à l'aise dans le grave que dans l'extrême aigu, capable des épanchements les plus extatiques comme des plus redoutables assauts de virtuosité. Elle est sans doute le reflet de la vérité car, pour le reste, on voit mal ce qui pourrait décourager les bonnes volontés dans cet absolu chef-d'œuvre de l'art lyrique, tous siècles confondus. La version de Vienne atteignait déjà la perfection. L'édition parisienne, grâce au texte français de Pierre-Louis Moline, aux nombreux aménagements et ajouts effectués par Gluck (environ trente minutes de musique en plus, une nouvelle orchestration...), et au choix de la vocalité de ténor (qui, par-delà l'évidente différence de timbre, induit d'inévitables altérations de la ligne de chant) touche au sublime. Pour s'en convaincre, le mélomane devait jusqu'à aujourd'hui se contenter de deux témoignages de studio, respectivement enregistrés en 1955 et 1956 (pour l'anecdote, il existe également une édition russe avec Ivan Kozlovsky et une néerlandaise publiée en microsillons par la Guilde Internationale du Disque). Le premier réunissait Nicolai Gedda, Janine Micheau et Liliane Berton sous la direction de Louis de Froment (EMI) et le second Léopold Simoneau, Suzanne Danco et Pierrette Alarie sous la baguette de Hans Rosbaud (Philips). La version Simoneau-Rosbaud a toujours eu notre préférence, essentiellement en raison de l'exceptionnelle incarnation du ténor canadien qui, par la seule magie de son timbre et l'incomparable noblesse de son phrasé, réussissait à arracher Orphée à l'univers terrestre pour en faire une sorte d'archétype de la beauté et l'élever au rang des dieux. Mais Simoneau ne chantait pas toute la partition (il manquait l'air à roulades à la fin du premier acte, "L'espoir renaît dans mon âme", également coupé par Gedda et pourtant crucial pour saisir dans toute sa complexité le profil vocal de l'Orphée-ténor) et Hans Rosbaud dirigeait (fort bien d'ailleurs) un Orchestre des Concerts Lamoureux qui, à près d'un demi-siècle de distance, sonne quelque peu anachronique. Dans ce contexte, la nouvelle version Archiv, captée sur le vif à Poissy en 2002, ne pouvait que faire figure d'événement... quitte à décevoir ensuite. Par chance, le résultat est à la hauteur de nos espoirs, confirmant les affinités de Marc Minkowski et de ses Musiciens du Louvre (orchestre et chœurs confondus) avec le Gluck français. Dans Orphée et Eurydice, on retrouve le sens aigu de l'architecture théâtrale, la grandeur tragique, les attaques nerveuses (parfois un peu trop exagérées par la prise de son) et les jeux de clair-obscur qui faisaient tout le prix des intégrales d'Armide et Iphigénie en Tauride chez le même éditeur. Sans jamais perdre de vue qu'il s'agit d'un opéra créé en 1774, Minkowski souligne tout ce qui, dans la partition, annonce Cherubini, Spontini, voire Beethoven, en ménageant un saisissant équilibre entre les échos italianisants de la version originale viennoise et les influences françaises. Minkowski est admirablement secondé dans sa tâche par Mireille Delunsch toute de jeunesse et d'expressivité en Eurydice, Marion Harousseau ravissante en Amour, et, surtout, Richard Croft de bout en bout remarquable dans le rôle principal. Le ténor américain n'a certes pas les qualités de timbre de Simoneau et son Orphée n'ambitionne pas de siéger sur l'Olympe. A la première écoute, surtout quand on a son illustre aîné dans l'oreille, on reste même déconcerté devant ce personnage redevenu humain, incarné dans sa chair et non plus seulement dans son âme, qui nous fait partager ses joies et ses souffrances. Et puis, petit à petit, on se laisse prendre à sa présence, à son sens des nuances, à la pertinence de sa diction, à l'intensité et à la variété de son phrasé... sans parler d'une aisance vocale qui lui permet de triompher, du grave à l'extrême aigu, des innombrables pièges disséminés par Gluck (et pas seulement dans l'air de bravoure du premier acte, ici chanté avec un aplomb et une maîtrise stylistique sans faille). Le souffle se fait certes un peu plus court au troisième acte (il s'agit, rappelons-le, d'une captation sur le vif, et le rôle est écrasant) mais l'immortel "J'ai perdu mon Eurydice" y gagne un supplément de vulnérabilité et d'émotion. Un disque essentiel, vous l'aurez compris. De ceux que l'on écoute et réécoute, en priant pour qu'Archiv poursuive son cycle Gluck et nous offre notamment la grande version d'Alceste que nous attendons depuis longtemps, après les demi-échecs de Baudo et Gardiner.
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WOLFGANG AMADEUS MOZART Concerto pour flûte n° 1 K. 313, Concerto pour hautbois K. 314, Symphonie n° 32 Irena Grafenauer (flûte); Françoix Leleux (hautbois) Orchestre symphonique de la Radio bavaroise
Günter Wand (K. 313) et Colin Davis
BR Klassik |  |
WOLFGANG AMADEUS MOZART Concertos pour piano n° 9, 12 et 14 (K. 271, 414, 449) Edna Stern (piano) Orchestre de chambre d'Auvergne
Arie van Beek
Zig Zag |  |
RICHARD STRAUSS Ein Heldenleben
ANTON WEBERN Im Sommerwind Orchestre symphonique de Chicago
Bernard Haitink
CSO Resound |  |
RICHARD STRAUSS Suite du Chevalier à la rose, Till l'espiègle, Vier Letzte Lieder Anja Harteros (soprano) Orchestre symphonique de la Radio bavaroise
Mariss Jansons
BR Klassik |  |
MIKLÓS RÓZSA Concerto pour violon op. 24
ERICH WOLFGANG KORNGOLD Concerto pour violon op. 35 Matthew Trustler (violon) Orchestre symphonique de Düsseldorf
Yasuo Shinozaki
Orchid Classics |
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