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DMITRI CHOSTAKOVITCH
24 Préludes et Fugues op. 87

Jenny Lin (piano)



Hänssler Classic- 2 CD 98.530(CD)
Référence: Sherbakov (Naxos); Ashkenazy (Decca)

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Les 24 Préludes et fugues de Chostakovitch restent un massif ardu. L'oeuvre a été attachée à Tatiana Nikolaieva avant d'être abordée avec un respect confinant à la fadeur par Keith Jarrett (ECM). Dans les dernières années, c'est Konstantin Sherbakov (Naxos) qui a su livrer la version moderne que l'on attendait, avec encore plus de respect pour les indications du compositeur et de rigoureuse clarté que Nikolaieva, mais davantage d'ambitus, davantage d'attention portée à un traitement orchestral du piano dans la mise en relief des voix.

C'est peu dire que Jenny Lin surprend en faisant aussi bien, mais dans un idiome musical plus "cristallin". Ce n'est pas la version du "plus gros son": le pianisme de Jenny Lin est classique et avant tout limpide. Les Préludes et fugues sont abordés comme d'intraitables exercices de clarification des lignes qui ne tolèrent aucun relâchement. Parvenir à faire de la musique dans ce carcan est le miracle réussi par Jenny Lin (illustration parfaite: le Prélude et fugue en si bémol mineur, le second du CD 2).

Cet aspect translucide marque également particulièrement l'interprétation de Jenny Lin, mais – comme avec Sherbakov – en "désaridifiant" le cycle; en cultivant parallèlement l'expressivité et la création de climats. Écoutez la lapidaire et noire oppression du Prélude et fugue en ut mineur, sans qu'aucun élément expressif soit surjoué et viennent briser l'absolue clarté.

Qui attendrait Jenny Lin au tournant des sarcasmes du Prélude en fa dièse mineur ne sera pas déçu: le ton est vif et aiguisé, autant qu'il est dramatique dans la fugue qui suit. Les hommages les plus ouverts à Bach (cf. Prélude en ut dièse mineur) ont tout à fait la texture et la fluidité qui conviennent. Le tour de force est décidément ici d'évoquer sans surligner, de rester dans un ambitus "classique" et de pouvoir être éloquent sans marteler les effets.

Si la poigne de Sherbakov est plus immédiatement gratifiante, l'effort d'irradier ce cycle de l'intérieur avec une sorte de conscience froide (cf. le dernier Prélude en ré mineur) est à relever et à louer.

Sherbakov et Lin ont réussi a faire entrer ces difficiles préludes et fugues à l'ère post-Nikolaïeva. On ajoutera à cela un écrin sonore comme Haenssler n'en a pas donné à un disque de piano depuis des lustres.

--Christophe Huss

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