Des partitions présentées sur ce disque seule la 2e Symphonie avait déjà été publiée en CD (par le label Albany). Or il s'agit d'une musique réellement splendide, qui vaut d'être connue.Le premier motif de satisfaction est de retrouver à travers le disque Carlos Kalmar, un excellent chef qui avait, il y a près d'une quinzaine d'années, dirigé l'Orchestre de Paris dans une excellente 9e Symphonie de Beethoven à la Cathédrale de Reims. On retrouve dans ce disque cette baguette vive énergique et précise, ainsi qu'un vrai tempérament, qui mérite assurément les feux des projecteurs.
Second bonheur: la musique de Robert Kurka (1921-1957), compositeur Américain d'ascendance tchèque. Ce quasi autodidacte, mort juste avant son 36e anniversaire, qui prit quelques leçons de composition chez Milhaud, a composé un opéra (déjà publié par Cedille) sur le Bon Soldat Schweik, la fameuse nouvelle de Jaroslav Hasek, qui a donné plusieurs adaptations au cinéma. Kurka écrit une grande musique symphonique du XXe siècle, qui ne singe personne et ne s'inscrit dans aucun univers particulier. Si on peut évoquer ça et là Hindemith ou Chostakovitch (l'Andante espressivo de la symphonie est de ce niveau), on ne peut rattacher Kurka à aucune obédience ou style. Certains moments, tel le Presto gioioso de la Symphonie ont une verve rythmique assez américaine mais sans la moindre grandiloquence, d'autres accents évoquent l'Europe centrale.
La Symphonie n° 2 mérite d'entrer au répertoire. Mais elle n'est nullement un iceberg qui cacherait une production par ailleurs banale ou médiocre. Il suffit d'écouter la Musique pour orchestre op. 11 pour retrouver la vraie puissance dramatique de l'écriture, la maîtrise orchestre qui rappelle celles de Bartók ou Englund. Aucune des partitions choisies par Carlos Kalmar ne déçoit.
Que puis-je vous dire d'autre? Que si vous aimez découvrir des compositeurs, comme vous avez peut-être, par le passé, fait confiance à ma plume pour acheter des disques de Granville Bantock, Geirr Tveitt ou Einar Englund (la Grande Muraille de Chine), je m'engage aujourd'hui en faveur de Robert Kurka, un compositeur à connaître. Mieux encore: à connaître à travers ce disque.