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GUSTAV MAHLER
Symphonie n° 5


Royal Concertgebouw Orchestra

Mariss Jansons

RCO Live- RCO 08007(CD)
Référence: Chailly (Decca)

rating

Eureka: 29 juin 2009; j'ai enfin eu mon exemplaire de la 5e de Mahler par Jansons dans ma cabane au Canada. L'Atlantique c'est long à traverser... surtout à la rame. Mais ça valait le coup d'attendre! Alors, lecteurs européens, ne me prenez pas pour un doux dingue de ne m'être aperçu que maintenant de la quintessence incarnée par ce disque. J'ai fait de mon mieux!

La 5e de Mahler ce fut jadis Solti, Bernstein, Neumann. Solide et logique trio. À bien y regarder, Solti était quasiment parfait, mais l'Adagietto sirupeux ne tient pas l'interprétation à flots. Bernstein-DG, aussi, y allait un peu fort dans l'adagio et sa version imprévisible et épidermique était davantage destinée aux mahlériens aguerris qu'aux néophytes. Jamais vraiment reconnu à sa juste valeur, Neumann-Leipzig (Philips puis Berlin Classics) était le plus égal, le plus visionnaire, le plus tranchant.

Puis, en 1998, est venu Chailly-Amsterdam (Decca). Chailly ajoutait le luxe sonore absolu à la hargne. En dépit des hordes de chefs qui ont jeté leur dévolu sur cette œuvre, personne n'a fait mieux. Voici Jansons en concert en octobre 2007 et janvier 2008. Et c'est au moins aussi abouti et enivrant. La différence majeure? Chailly est un CD, Jansons un SACD. Mais encore? Pour enregistrer Chailly, Decca avait vidé le Concertgebouw de ses chaises et avait enregistré l'orchestre au parterre. Ici, on obtient le même délire sonore sans dévisser un boulon... On tirera notre chapeau au passage à l'équipe technique pour les ajustements: les premiers SACD RCO Live étaient des catastrophes; les plus récents sont des bijoux.

Alors, la musique? D'abord un bain sonore absolument hallucinant. Le Concertgebouw Orkest est l'orchestre mahlérien par excellence dans le monde. Des preuves? Écoutez ce disque! Qui peut soutenir ce niveau de concentration, de jeu d'ensemble et de plénitude sonore en concert dans cette oeuvre, où on ne compte plus les écroulements passé le 2e mouvement (certains se vautrent dès le 3e volet, d'autres tiennent jusqu'au 5e)?

Ensuite il y a Mariss Jansons, qui est en train de se hisser au disque aussi à la hauteur de sa réputation de "meilleur chef du monde" (ce n'est même pas moi qui le dis, ce sont ses pairs!). Non seulement (comme dans son Sacre du printemps) il opère une véritable radiographie de la polyphonie orchestrale, mais il trouve (contrairement à Abbado en général, dans Mahler) la juste couleur orchestrale. On soulignera qu'on trouve ici aussi cette balance très particulière du cor solo dans le 3e mouvement: une configuration particulière à Amsterdam, depuis Mengelberg. Tous ces préceptes sont inclus dans un brassage sonore démentiel, avec des cordes graves furieuses et des cuivres en transe. J'ai une et une seule réserve: les dernières 30 secondes de l'œuvre, le "allegro molto, accelerando jusqu'à la fin" est tenu et corseté: l'ivresse eut été totale si Jansons avait lâché la bride et laisse filer l'orchestre comme un cheval fou...

La 5e de Mahler est devenue une oeuvre de démonstration par excellence pour les orchestres et les chefs. Jansons et le Concertgebouw attendent la concurrence de pied ferme... et sans aucune crainte!

--Christophe Huss

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