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LUDWIG VAN BEETHOVEN
Symphonies n° 2 et 6


Deutsche Kammerphilharmonie Bremen

Paavo Järvi

RCA- 88697542542(SACD)
Référence: Vänskä (BIS)

rating

Bonne surprise: il n'y a pas de surprise! Paavo Järvi et la Deutsche Kammerphilharmonie poursuivent leur parcours sur la lancée et l'enthousiasme des débuts. Une chose que je n'avais pas signalée parce que pas remarquée, puisque j'écoute en SACD: la couche CD est nettement moins gratifiante à écouter que celle en multicanal: le son est un peu sec et dur. C'est donc en SACD multicanal que vous profiterez le plus de la chose. De ce point de vue, ce volume 4 (ne manque que la 9e Symphonie à présent) me frappe par une mise en espace très spectaculaire, assez quadraphonique dans le genre "bain sonore". Ce n'est pas habituellement ma tasse de thé, mais c'est vrai que cela renforce le spectaculaire de la chose.

Contrairement à ce qu'on entend dire parfois, le Beethoven de Paavo Järvi ce n'est pas juste du « rentre-dedans". Il est vrai que ce type de démarche peut tourner à la caricature si, en plus d'être véloce, la direction manque de nuances. Si les nuances sont aplanies et restreintes entre mezzo-forte et fortissimo, oui cela devient une caricature (j'ai déjà entendu de médiocres imitations et ça ne marche pas). Paavo Järvi et ses musiciens se gardent bien de négliger les nuances, car des nuances naissent les contrastes (l'un des éléments sur lesquels se fonde la démarche), mais aussi la respiration des phrases et des mouvements.

Le disque commence par la Pastorale, mais je vais parler d'abord de la 2e. Elle s'insère dans le groupe des symphonies véloces: les accents sont nets, la découpe des phrases est faite au laser. Il est intéressant de voir que Järvi, qui n'est que 8 secondes plus rapide que Herreweghe (même programme, paraissant au même moment) dans le 1er mouvement, a l'air d'aller beaucoup plus vite par le simple fait que la musique est toujours anticipée par les musiciens. On ne « lit » pas un texte ; on le joue sur scène.

On remarquera au passage que c'est, avec d'autres parti pris, la même démarche que Furtwängler, lorsque celui-ci déclarait «Alors que pour le créateur les détails se soumettent librement à la vision d'un ensemble et reçoivent de cette vision leur logique et leur vie propre, l'exécutant doit laborieusement reconstituer, à partir de ces mêmes détails, la vision d'ensemble qui avait conduit le créateur. C'est dans cette différence de position et de travail à accomplir que repose le problème de l'interprétation.» À partir des détails, Järvi et la Deutsche Kammerphilharmonie recomposent la dynamique interne des symphonies de Beethoven et retrouvent son élan céateur («Si une oeuvre musicale est pour le compositeur un chaos qui prend forme à travers un élan, un acte d'improvisation, le morceau de musique est alors défini comme une improvisation parvenant à son accomplissement», Furtwängler dixit).

Pour Barenboïm et Blomstedt la réponse à la 2e Symphonie était «couleurs», dans un flux intègre .Pour Järvi, c'est «mordant et dialogue». Cette œuvre illustre très bien le bonheur de l'écoute mutuelle au sein de cet orchestre, mais aussi l'avantage, dans la perception du chef, de faire surgir ce qui «sort du rang» - accent, couleur, nuance.

Ma grande crainte est dissipée : Järvi a trouvé ses marques dans la Pastorale, une symphonie qui lui résistait, un peu comme elle résistait à Karajan. On sent qui est arrivé au but par la logique et la réflexion, alors que la Pastorale -- idéale - de Vänskä est plus détendue (pour aller sur l'île déserte, oui, je prends la Pastorale de Vänskä). Järvi choisit de ne pas bousculer l'œuvre (contrairement à Paray et Mitropoulos), son heure de Gloire est le 2e mouvement, une scène au ruisseau d'une pulsation idéale.

Le 1er mouvement est allant, mais pas rude, assez dans l'esprit de George Szell et le 3e ne surjoue pas la rusticité, incarnée par des cors admirable. Le second thème (hautbois, basson, clarinette) pourrait être un peu plus détendu. Dans l'Orage, Järvi a finalement succombé au (spectaculaire) tintamarre de timbales. Il en néglige un peu les contrebasses, à moins que la diffusion sonore « surround » sur les côtés dilue leur présence. Une transition admirable, avec un dosage intelligent du sensa vibrato, amène un vrai chant hymnique d'un élan de bonheur profond.

Admirable et mémorable réussite dans un cycle désormais presque historique.

--Christophe Huss

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