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JOHANN SEBASTIAN BACH
Les Concertos Brandebourgeois. Les Suites orchestrales


Bach Collegium Japan

Masaaki Suzuki

BIS- 3 SACD-1721/22(SACD)
Référence: Goebel (Archiv); Conbattimento Consort (Challenge)

rating

Si l'éditeur Bis avait voulu couper l'herbe sous les pieds de la nouvelle version Gardiner, il n'aurait pas pu rêver faire mieux que d'adjoindre au nouvel enregistrement des Brandebourgeois (2008) de Suzuki, la version imparable (10/10, voir par ailleurs sur ce site) des Suites orchestrales (2003) en un coffret de 3 SACD pour le prix de 2. Il n'y a pas d'équivalent de ce type et à ce niveau en SACD.

Dès le 1er Concerto Brandebourgeois, la différence musicale avec Gardiner saute aussi aux oreilles. Là où Gardiner et son orchestre sont des militants purs et durs, Suzuki et sa bande défendent un Bach "listener friendly" qui fait tout pour aller vers l'auditeur. Le son est spacieux, les coloris rustiques mais ronds, l'approche plus détendue. On perçoit moins que chez Gardiner la "francitude" des menuets, remarque générale sur une version d'une élégance un peu lissée.

Cela dit, le créneau occupé par Suzuki est celui de la musique consensuelle. Peut-on ne dire pourquoi cette musique aurait besoin d'être jouée avec une sorte d'agressivité athlétique? C'est bien ce qui distingue le 2e Brandebourgeois de Gardiner et celui de Suzuki. Il est sûr que ceux qui sont rentrés dans le moule du baroquisme "physique" trouveront Suzuki mou, alors qu'il est juste élégant. Il reste dans le Palais princier, présentant de la musique de divertissement. En écoute comparée il se ferait laminer car il est plus rond, plus souple, moins spectaculaire. Mais de la première à la dernière note il parvient à nous convaincre que c'est lui qui est dans le vrai.

Comme beaucoup d'autres, Suzuki utilise l'intermède central du 3e Brandebourgeois pour "faire l'interprète". Il nous gratifie même d'un mouvement entier, un arrangement du mouvement lent du Concerto pour 3 clavecins, BWV 1064. Le Finale, léger et brillant, démontre que l'élégance naturelle de Suzuki n'est pas de la mollesse. Dans le 4e Concerto, le violon solo est plus isolé que chez Gardiner et les flûtes plus intégrées à l'orchestre: cette balance est bien plus agréable.

La chose la plus étonnante est que Suzuki opère avec les mêmes effectifs que Gardiner, mais donne une image plus fondue et orchestrale. Son clavecin dans le 5e Concerto est admirable, quoique un peu plus en avant que celui chez Gardiner (mais moins démonstrativement qu'avec Koopman). Enfin, le 6e Brandebourgeois confirme la pondération et la rondeur de la démarche. Les amateurs d'élégance s'identifieront à cette riche interprétation. Tous ceux qui préfèrent une approche plus physique en resteront à Goebel, modèle en la matière.

--Christophe Huss

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