On se doute un peu de ce que cela peut donner… Et on n'est pas déçu! Avec trois tempéraments pareils on pouvait s'attendre à un débordement de générosité sonore et expressive. Allait-elle être écoeurante? Non: elle est impressionnante.DG se fait sa propre concurrence, puisque la référence naturelle dans le Trio de Tchaïkovski est la version Argerich, Kremer, Maisky. Les responsables artistiques de DG ont compris que Maïsky était un maillon primordial dans la matière sonore richissime de cette référence. En associant le même violoncelliste à la nouvelle équipe on diminue certes la différenciation esthétique, mais on assure un "socle musical" tout simplement sans équivalent.
Le flot slave qui exsude de cette interprétation prend aux tripes. De fait - et comme je suis un amateur boulimique du Trio de Tchaïkovski -, je ne me vois me passer ni de l'une ni de l'autre des deux versions. Pour ceux qui ont un choix à opérer, c'est évidemment le complément qui décidera. Le Trio élégiaque de Rachmaninov (mêmes qualités) fait évidemment un complément plus grand public que celui de Chostakovitch.
Un grand disque romantique.