"Fascinant disque, fascinant sujet", avais-je écrit au sujet de l'Opus 4 de Haendel par Richard Egarr. Compliment renouvelé ici, ô combien!Un grand merci, d'abord, à Harmonia Mundi-USA, qui a persévéré en l'enregistrant en SACD multicanal, même si HM a abandonné le procédé. Inutile d'expliquer ce que la technologie multicanal bien maîtrisée peut apporter à ce répertoire, surtout dans le festival de couleurs et d'invention que Richard Egarr organise dans cet Opus 7.
J'avais noté précédemment que Egarr et l'Academy of Ancient Music renouvelaient, trente ans après, le miracle de la version Chorzempa-Schröder (Philips), sans l'inconvénient du bruit de soufflerie. C'est dire qu'ils cultivent une veine plus intimiste. C'est toujours vrai.
Ce qu'Egarr rajoute et développe ici c'est la liberté et l'inventivité au niveau des sonorités et des registrations, un postulat annoncé d'emblée par un prélude improvisé. L'équilibre, la pulsation, les volumes; toutes les dimensions s'agrègent pour donner un Opus 7 rêvé qui s'épanouit dans une acoustique merveilleuse.
Le Coucou et le rossignol ainsi que trois pièces pour clavecin seul (idéalement enregistrées) s'ajoutent au miracle qui conclut et confirme le statut d'Egarr comme l'auteur de la version de référence des Concertos pour orgue de Haendel.