Je pensais que ce disque permettrait au moins de colmater une brèche dans mon absolu manque d'affinités avec "l'art d'Ingrid Fliter". Je me disais (naïvement) que comme il s'agit de miniatures, il y avait pas lieu de s'enliser dans des architectures en accumulant des effets sentimentalisants, comme dans le précédent CD - avec la 3e Sonate.Par ailleurs, comme la qualité pianistique de Fliter réside dans la volubilité légère (la Valse op. 42 en donne un bon exemple), ces augures allaient être favorables à cette collection complète des Valses de Chopin. C'était sans compter que les Valses c’est aussi de la musique et quand il y a de la musique, Madame Fliter devient parfois un peu tortueuse. En gros j'ai tenu jusqu'à la plage trois (la lente Valse op. 34 n° 2) où le rubato traînant et semi-alambiqué, les minauderies pseudo-ressenties m'ont titillé les nerfs comme à la "belle" époque" du CD précédent.
Mais même dans le "non lent", en l'occurrence l'Opus 34 n° 3, les choses ne sont pas fondamentalement différentes. Fliter joue de "l'effet pianistique" alors qu'on aimerait qu'elle interprète Chopin, sereinement, en recherchant une respiration qui marche dans le sens de la musique et pas à contre-courant.
J'ajoute que ça dure 67 minutes que le piano a des aigus assez moches et que je n'ai pas l'impression que c'est demain la veille que cette fausse inspirée m'intéressera à ce qu'elle fait, non avec un clavier mais avec une partition.