Quel artiste intéressant! Au fond, ce que Daniel Hope - excellente recrue pour DG - nous livre ici est le bon vieux "best of baroque". Mais il le fait au goût de 2009 en nous évitant l'Adagio d'Albinoni et en prenant en compte de "nouveaux best of" (la désormais incontournable Chaconne, ici dans la version flamboyante d'Andrea Falconieri, en ouverture de disque), et en pimentant le tout avec sa décapante personnalité.On retrouve ici des étapes rassurantes: Sarabande de Haendel et Greensleeves, dans de beaux arrangements d'Olivier Fourés; Canon de Pachelbel; Air de la 3e Suite de Bach. Ces plages confortablement familières sont réparties dans un disque majoritairement "allumé", avec des clins-d'oeil aux répertoires populaires (Ricercata segunda d'Ortiz ou Ground after the Scotch Humour de Nicola Matteis).
Il est évident que Air n'aurait pas existé sans Follia de Jordi Savall et autres programmes du même genre. Mais voir un violoniste au cursus certes atypique mais d'essence traditionnelle reprendre cette saine folie baroque avec tant de naturel ne lasse pas d'étonner.
Il y a dans ce programme une vraie envie, une expertise instrumentale admirable, une complicité patente des instrumentistes, une connaissance stylistique, un "pacing" idéal dans l'agencement du programme, une belle curiosité en termes de répertoire.
Est-ce parce qu'un disque est "populaire" qu'il ne saurait être 10/10? Certainement pas! Nous, on suit Daniel Hope dans son voyage.