Voici le disque idéal si vous ne trouvez pas l'incontournable version d'Eric Ericson enregistrée en 2001 pour Globe.Le travail réalisé par Jörg Straube est remarquable: le choeur est parfaitement proportionné et les oeuvres très bien enregistrées s'inscrivent dans un cadre sonore crédible (contrairement au ratage de la captation de Vérany pour Accentus). Le résultat se ressent aussi favorablement du fait que l'enregistrement a été étalé en trois sessions (août 2008, mars 2009 et juin 2009).
La première surprise est la qualité de la prononciation française et la qualité de la perception des mots. La seconde est la beauté des couleurs, notamment du pupitre des sopranos. Les voix sont jeunes et justes, avec de vraies couleurs (on n'est pas dans le diaphane, décoloré et assexué). L'intonation (piège majeur de ce répertoire) est tout aussi impeccable.
Ma minime réserve ira à certaines chansons dont la vraie-fausse sensualité est un peu survolée. La Blanche neige (plage 10) en est l'exemple le plus flagrant. Il y a aussi dans ces Sept Chansons de 1936 un "rythme Éluard", fait de revirements et de contrastes, qui est un peu aplani (cf. À peine défigurée) dans l'interprétation de Straube et son choeur.
Mais cela n'enlève rien à la performance chorale, l'expertise vocale, la beauté du son et l'importance des oeuvres, que tout amateur de musique française devrait connaître.