J'ai eu vraiment du mal à croire que Ruy Blas et la 1re Symphonie d'une part et l'Italienne de l'autre, font partie de la même session d'enregistrement. Les captations sont excellentes, mais celles de Ruy Blas et de la Première me semblent parfaites alors que l'Italienne a comme une petite "auréole sonore flatteuse" qui semble agrandir la salle. C'est du détail mais cela m'a frappé.Ce qui n'est pas du détail, c'est que nous avons là de très loin le meilleur volet de l'intégrale Mendelssohn de Litton, une performance qui rend encore plus incompréhensible la relative fadeur du SACD regroupant les Symphonies n° 3 et 5.
Le programme débute avec une ouverture de Ruy Blas tout simplement parfaite, mordante et allante. Et cela continue avec une Première qui rejoint les réussites de Masur, Flor et Haitink. Excellent étagement polyphonique, tempos parfaits: Litton prend la chose au sérieux, mais avec décontraction. De plus, le son de l'orchestre est aussi admirable (rond) que juste.
L'Italienne, avec le petit bémol de ce son qui paraît enjolivé, est presque aussi bonne, avec une excellente tenue, l'absence d'excès de tempos (oui, le terme de "Saltarello" du Finale se sent dans le rebond, pas dans un tempo frénétique!), le choix judicieux de la pulsation du 2e volet. On peut souhaiter dans les mouvements centraux un phrasé un peu moins à plat (3e volet surtout). Mais le disque est très convaincant.