Attention: ne vous laissez pas éblouir par la technologie Blu-ray; la bande son soit disant PCM stéréo a tout pour glaner le qualificatif d'immonde. Le niveau de captation est trop haut et l'ensemble, perclus de distorsions numériques, semble avoir été compressé.La chose m'a frappé lorsquele dynamisme de la direction de Mehta, grand spécialiste de l'oeuvre, ne me semblait pas ressortir. Pour vérifier, il suffisait de graver le son sur un support numérique et de regarder le profil sur l'ordinateur. On se demande comment pareille foutaise est possible, surtout que les Wagner au même endroit sont parfaits.
L'image aussi pose problème et je ne voudrais pas voir le spectacle sur un DVD normal. Turandot est un opéra de la nuit et Chen Kaige l'a bien perçu. Il y a donc une sorte de noirceur généralisée dans laquelle les personnages sont éclairés. Cela pose un problème insoluble au réalisateur lors des passage de plans larges aux plans rapprochés.
Pour le reste, c'est un spectacle plastiquement beau, loin d'une Chine de pacotille. Berti est un étonnant Calaf, même s'il fatigue au dernier acte. Je suis plus mitigé sur Guleghina, qui a la puissance mais qui chante au forceps. Si on tend l'oreille, ce chant mal dégrossi ne passerait pas la rampe d'un CD. Par ailleurs, au niveau de l'interaction des personnages, c'est un spectacle assez froid.